La grande dalle piétonne qui traverse le quartier d’affaires de La Défense poursuit sa métamorphose en jardin urbain. À partir de septembre, Paris La Défense, l’établissement public qui aménage et gère le site pour le compte du département des Hauts-de-Seine, engage la phase centrale de son chantier baptisé « Le Parc ». Amorcés à l’été 2025 sur la partie ouest, puis étendus en janvier 2026 à la partie est, les travaux s’apprêtent à gagner le cœur de l’esplanade, entre la place basse et la place Moretti. Conduite par tronçons afin de limiter la gêne pour les riverains, les commerces et les entreprises, l’opération doit s’achever à l’horizon 2028. Premier quartier d’affaires d’Europe, La Défense s’étend sur les communes de Puteaux, Courbevoie et Nanterre, autour d’une esplanade très minérale bâtie sur dalle. Reliant le parvis de la Grande Arche aux abords de la Seine, cette longue promenade compte parmi les principaux axes de circulation piétonne du secteur, longtemps dépourvu d’espaces verts d’ampleur.
À terme, le futur parc couvrira 5 hectares sur près de 600 mètres de long, de la fontaine d’Agam au bassin Takis. Sa conception a été confiée au paysagiste Michel Desvigne. Selon l’aménageur, 459 platanes, 32 tilleuls et 44 arbres de plus petite taille sont conservés, tandis que 314 nouveaux sujets seront plantés. S’y ajoutent 4 300 mètres carrés de surfaces végétalisées supplémentaires, entre arbustes, haies et massifs, ainsi que six bassins plantés. Sur la partie ouest, engagée depuis un an, les équipes ont déjà mené la dépose des installations existantes, la protection et la transplantation d’arbres, puis la pose d’étanchéité avant les plantations. L’investissement, porté par l’aménageur, est estimé à 29 millions d’euros.
Le futur parc doit aussi offrir de nouveaux usages de plein air. Paris La Défense annonce l’installation de 200 bancs supplémentaires et d’une aire de jeux pour enfants, au sein d’un ensemble pensé pour la promenade et la détente, à destination aussi bien des salariés du quartier que des habitants des communes voisines, avec une attention portée à l’accessibilité des cheminements pour les personnes à mobilité réduite. Le projet est présenté par l’aménageur comme le plus vaste jardin sur dalle de France. Transformer un tel espace suppose de recréer, sur une structure porteuse, des sols capables d’accueillir des arbres de grande taille, ce qui impose d’importants travaux d’étanchéité et de terrassement.
L’enjeu affiché est autant environnemental que paysager. En recréant des sols vivants et en multipliant les plantations sur une dalle aujourd’hui très minérale, l’établissement entend limiter les îlots de chaleur, favoriser la biodiversité et privilégier des essences locales, adaptées au réchauffement du climat. Les six bassins plantés doivent contribuer à recueillir les eaux de pluie et à rafraîchir l’air, tandis que les arbres conservés apporteront de l’ombre dès les premières livraisons. L’opération s’inscrit dans l’objectif que s’est fixé Paris La Défense de diviser par deux ses émissions de gaz à effet de serre et de devenir, selon ses termes, le premier quartier d’affaires « post-carbone » au monde.
Le calendrier reste étalé sur plusieurs années. La phase ouest, ouverte à l’été 2025, se poursuit jusqu’au début de 2027 ; la phase est, lancée en janvier 2026, doit se prolonger jusqu’en décembre 2027 ; la phase centrale, qui débute en septembre, courra jusqu’au milieu de l’année 2028. Durant les travaux, l’aménageur indique maintenir des échanges réguliers avec les habitants, les commerçants, les hôtels et les entreprises installés autour de l’esplanade, et a ouvert une adresse dédiée pour suivre l’avancement du chantier. La promenade reste accessible aux piétons pendant toute la durée des travaux, chaque tronçon étant remis au public au fur et à mesure de son achèvement.
La Défense : l’esplanade devient un parc
Par Marc Blanc
Publié le 28 août 2026 à 16h58 – Temps de lecture : 4 minutes
