Les 43e Journées européennes du patrimoine se déroulent le week-end des 19 et 20 septembre, précédées le vendredi 18 d’une journée dédiée aux scolaires. Deux jours durant, des centaines de sites parisiens habituellement fermés – monuments, administrations, ateliers, jardins secrets, réserves de musées – lèvent leurs barrières, à Paris comme dans toute la France. Portée par le ministère de la Culture, la manifestation repose sur un principe constant : offrir un accès gratuit, ou à tarif très réduit, à des lieux que le public ne peut d’ordinaire pas franchir. Seule contrainte pour les plus courus, une réservation parfois nécessaire, à anticiper quelques jours à l’avance.
Lancées en 1984 à l’initiative du ministère de la Culture, ces journées se sont étendues à l’échelle du continent au début des années 1990 et rassemblent aujourd’hui une cinquantaine de pays. En quatre décennies, elles sont devenues l’un des grands rendez-vous culturels de la rentrée, dont la fréquentation se compte chaque année en millions de visiteurs à travers le pays. À Paris, elles mobilisent institutions publiques, propriétaires privés, associations et bénévoles, qui ouvrent temporairement cours d’immeubles, hôtels particuliers, coulisses de théâtres ou laboratoires de restauration. L’affluence est telle que certains sites, à commencer par les palais nationaux, voient se former de longues files dès le samedi matin, beaucoup ne se visitant qu’à cette unique occasion.
Cette édition met la photographie à l’honneur. Le thème national célèbre le bicentenaire de son invention, deux siècles après les premiers essais de Nicéphore Niépce, avec expositions, tirages rares et plongées dans des fonds jusqu’ici confidentiels. Plusieurs grandes bibliothèques et musées de la capitale, riches de collections d’images, s’associent naturellement à ce thème, entre portraits anciens, reportages et vues urbaines. En écho, le fil européen retenu s’attache au « patrimoine en péril » : il invite à faire revivre, à résister et à réinventer des lieux fragilisés par le temps, les catastrophes ou l’abandon. À Paris, cette double thématique trouve un terrain naturel, entre ateliers d’artisans d’art, édifices en chantier et savoir-faire que ces deux jours entendent transmettre.
La veille, le vendredi 18 septembre, la manifestation s’ouvre par un temps fort réservé à la jeunesse. Les opérations « Levez les yeux ! » et « Les Enfants du patrimoine » proposent aux classes des centaines d’activités gratuites – visites guidées, ateliers, lectures – destinées à éveiller le regard des plus jeunes sur leur cadre bâti. Le grand public prend ensuite le relais dès le samedi matin et jusqu’au dimanche soir, dans les musées comme dans les édifices publics.
Comme chaque année, les grandes institutions se prêtent au jeu. Dans le 4e arrondissement, l’Hôtel de Ville accueille les visiteurs dans ses salons d’apparat et sa salle des fêtes, au fil de parcours d’une quarantaine de minutes. Les palais de la République – de l’Élysée à Matignon, du Sénat au palais du Luxembourg jusqu’à l’Assemblée nationale au palais Bourbon – comptent parmi les visites les plus convoitées. S’y ajoutent musées, services d’archives, églises, théâtres, jardins, ambassades et bâtiments techniques rarement montrés, du cœur historique aux arrondissements périphériques, souvent accompagnés de démonstrations et d’ateliers pensés pour les familles.
Le programme détaillé, site par site, est consultable sur la plateforme officielle du ministère et sur celle de la Ville de Paris. Les organisateurs conseillent d’anticiper : arriver tôt, cibler quelques lieux plutôt que d’en multiplier les étapes, vérifier horaires et éventuelles inscriptions avant de se déplacer. Beaucoup de sites limitant leur jauge, mieux vaut prévoir un peu d’attente devant les plus prisés.
Culture : le patrimoine ouvre grand ses portes
Par Marie Aschehoug-Clauteaux
Publié le 17 septembre 2026 à 08h57 – Temps de lecture : 4 minutes
