Un chantier avance avec précaution dans le cœur de Menton. Depuis le mois de mai, l’église Notre-Dame-des-Rencontres, plus connue sous le nom de Sacré-Cœur, reste fermée au public. Les ouvriers y mènent des travaux de restauration minutieux. Leur objectif : rendre l’édifice à ses fidèles dès le mois d’octobre.
La prudence guide chaque étape du chantier. Autour de l’orgue, les artisans veillent particulièrement à ne laisser entrer aucune poussière dans les tuyaux. Ce niveau de précaution illustre la valeur patrimoniale de l’instrument, aussi ancien que délicat.
Malgré la fermeture, les curieux peuvent tout de même suivre l’avancée des travaux. La porte donnant sur la rue reste en effet ouverte au public. Le curé de la paroisse évoque même une situation cocasse : la rue descend directement depuis la gare, si bien que les touristes de passage se retrouvent presque naturellement face à l’édifice. Beaucoup s’arrêtent alors pour observer le chantier de plus près.
L’histoire de cette église remonte au tout début du XXe siècle. L’urbanisation du quartier de la baie, à cette époque, a fait naître le besoin d’un nouveau lieu de culte. L’évêque de Nice a alors créé une paroisse dédiée et confié sa direction au curé Pierre Bonfante. La première pierre a été posée le 13 mars 1910, sur un plan inspiré de l’église Saint-Charles de Monaco.
Le financement de la construction repose entièrement sur la générosité des fidèles et des donateurs de l’époque. Un mode de financement qui résonne d’ailleurs avec la campagne de dons actuelle, puisque la paroisse doit encore réunir plusieurs milliers d’euros pour boucler ce chantier.
L’église a ouvert ses portes au culte en 1917, bien qu’inachevée à l’époque. Elle a ensuite connu plusieurs transformations avant son achèvement définitif en 1921. La Première Guerre mondiale a en effet interrompu les travaux pendant plusieurs années, retardant considérablement le projet initial.
Dans les années 1920, l’architecte Félix Vérola a repris le chantier. Il a modifié la décoration intérieure ainsi que les plans de la façade, dotée d’arcs-boutants, et du clocher. Vérola a également signé plusieurs autres bâtiments emblématiques de Menton durant cette période. L’église a finalement été consacrée le 4 avril 1935, après plus de deux décennies de travaux.
Aujourd’hui, ce monument reste un point de repère essentiel pour la paroisse mentonnaise. Fidèles réguliers, familles, habitants du quartier ou simples visiteurs de passage y trouvent un espace de recueillement et de rencontre. Le curé insiste d’ailleurs sur cette vocation : accueillir, célébrer et rassembler, au-delà de la seule dimension patrimoniale.
Le budget total de la restauration s’élève à environ 550 000 euros. Le diocèse de Nice en finance 70 %, tandis que la paroisse doit assumer les 30 % restants. Cette part, loin d’être négligeable pour une petite structure paroissiale, justifie l’appel aux dons lancé ces dernières semaines.
La mobilisation collective autour de ce projet dépasse d’ailleurs la simple question financière. Pour les responsables de la paroisse, chaque contribution participe à la préservation d’un lieu de prière vivant. L’objectif reste de faire grandir un élan commun autour de l’avenir de cette église centenaire.
À quelques semaines de la réouverture prévue, l’attente grandit chez les Mentonnais attachés à ce lieu chargé d’histoire. Les prochaines semaines diront si le calendrier annoncé pour octobre sera bien respecté.

