Prendre le bus un dimanche pour rejoindre la gare ou faire ses courses : à Mennecy, ce n’est plus une exception. Depuis le 1er août, le réseau du sud-est de l’Essonne a changé d’exploitant et étoffé son offre, des évolutions désormais pleinement installées en cette rentrée. C’est Île-de-France Mobilités, l’autorité qui organise et finance les transports de la région, qui a confié ces lignes à Keolis, retenu au terme d’une mise en concurrence. Pour les usagers, le changement se lit moins sur la couleur des véhicules que dans les horaires.
La décision a été actée le 12 juin par le conseil d’administration de l’établissement public, pour une prise d’effet au 1er août et une durée de six ans, reconductible jusqu’à deux années supplémentaires. C’est une entité dédiée, Keolis Val d’Essonne Deux Vallées, qui pilote désormais le service. Le contrat couvre un vaste territoire au sud d’Évry : les communautés de communes du Val d’Essonne et des Deux Vallées, ainsi que le réseau de Mennecy, adossé à la branche du RER D qui file vers Malesherbes. Un secteur périurbain où la voiture reste reine, mais où la demande de transports collectifs ne faiblit pas.
Le réseau compte trente-cinq lignes, dont vingt-trois circuits scolaires qui assurent à eux seuls près de la moitié de la fréquentation. Il rayonne autour de quatre pôles – Mennecy, La Ferté-Alais, Milly-la-Forêt et Maisse – et draine chaque mois plus de 100 000 voyageurs, un trafic en hausse de près de 18 % entre 2023 et 2025. Cette progression, portée par l’arrivée de nouveaux habitants et par la saturation des routes aux heures de pointe, a pesé dans la volonté de l’autorité régionale de bâtir une offre plus étoffée, mieux calée sur les besoins du quotidien.
Concrètement, l’évolution la plus visible pour les habitants de Mennecy concerne la fin de semaine. Les lignes 4307 et 4309 circulent désormais le dimanche, jour où elles restaient jusqu’ici à l’arrêt. L’offre du samedi et du dimanche est plus largement renforcée, tandis que le transport à la demande, précieux dans les secteurs peu denses où une ligne régulière ne se justifie pas, est maintenu sur les deux intercommunalités. Les dessertes doivent aussi mieux accompagner les quartiers en cours d’aménagement, pour que l’habitat récent ne demeure pas à l’écart du réseau. Autant de changements pensés pour rendre le bus plus lisible et plus attractif, y compris pour ceux qui ne le prenaient jamais.
Cette reprise s’inscrit dans un mouvement plus large : partout en Île-de-France, l’autorité régionale remet en jeu, lot par lot, l’exploitation de ses bus, avec la promesse d’un service plus régulier et de standards de qualité renforcés. Dans le sud de l’Essonne, la suite est déjà esquissée. À moyen terme, deux liaisons express sont à l’étude pour rejoindre plus vite Évry, l’une depuis Milly-la-Forêt, l’autre depuis Ballancourt-sur-Essonne – de quoi soulager des trajets domicile-travail encore largement tributaires de la voiture. Pour les voyageurs, l’essentiel se joue toutefois dans le présent : des horaires élargis, une amplitude qui gagne enfin le dimanche et des correspondances pensées avec le train, autant de repères à vérifier sur les supports d’information habituels, le temps que chacun prenne ses marques avec la nouvelle organisation.
Mennecy : le bus roule aussi le dimanche
Par Gilbert Caron
Publié le 17 septembre 2026 à 18h13 – Temps de lecture : 3 minutes
