Le domaine départemental de Sceaux se prépare à accueillir gratuitement le grand public, samedi 19 et dimanche 20 septembre, pour les Journées européennes du patrimoine. Propriété du Département des Hauts-de-Seine, cet ensemble mêlant château, musée et vastes jardins à la française compte parmi les sites les plus fréquentés du territoire. Le temps d’un week-end, les collections comme les allées dessinées au XVIIe siècle s’offrent sans billet aux familles comme aux promeneurs, avec un programme de visites et d’animations pensé pour tous les âges. Desservi par le RER, à quelques kilomètres au sud de Paris, le domaine se prête aussi bien à la flânerie qu’à la découverte.
Le parc porte la signature d’André Le Nôtre, le jardinier de Louis XIV, qui le dessina pour Jean-Baptiste Colbert. Sur plus de 180 hectares se déploient les longues perspectives, les bassins et le Grand Canal caractéristiques de l’art classique des jardins. Le domaine conserve plusieurs joyaux du XVIIe siècle, à commencer par le Pavillon de l’Aurore, petit édifice d’inspiration italienne dont la coupole est ornée d’une vaste composition allégorique peinte par Charles Le Brun en 1672, sur le thème de l’aurore. Non loin, l’Orangerie, bâtie en 1686 par Jules Hardouin-Mansart, abrite aujourd’hui des sculptures et des copies d’antiques qui ornaient jadis les allées du parc.
Le château actuel, lui, ne date pas de l’époque de Colbert : reconstruit sous le Second Empire à l’emplacement de la demeure d’origine, il accueille le musée du Domaine départemental de Sceaux. Ses collections permanentes retracent l’histoire du lieu et de ses propriétaires successifs, du ministre de Louis XIV à la duchesse du Maine, dont les fêtes nocturnes firent la réputation de Sceaux au début du XVIIIe siècle. Plusieurs éléments du domaine – le Pavillon de l’Aurore, les pavillons de garde, les ponts, les douves, le Grand Canal ou encore le bassin de l’Octogone – sont protégés de longue date, un décret de 1925 ayant consacré la valeur de cet héritage.
Comme partout en France, l’édition 2026 se tient sous le thème national du patrimoine de la photographie, qui célèbre le bicentenaire des premières images fixées, et sous le thème européen du « patrimoine en péril ». Une manière de rappeler la fragilité des monuments et des jardins historiques, et l’attention constante qu’exige leur préservation, des façades aux collections les plus délicates. À Sceaux, cette édition invite à porter un autre regard sur un domaine que beaucoup traversent au fil des saisons sans toujours en connaître l’histoire.
Si le parc de Sceaux reste ouvert et gratuit tout au long de l’année, ces Journées offrent une occasion plus rare de franchir sans frais les portes du musée et de suivre un programme spécialement conçu pour la circonstance. Chaque année, à cette période, le domaine attire un large public venu profiter des dernières douceurs de l’été dans un cadre classé. Un week-end idéal, aussi, pour arpenter les perspectives de Le Nôtre et lever les yeux vers la coupole du Pavillon de l’Aurore, avant que l’automne ne gagne les frondaisons.
Sceaux : week-end au domaine
Par Marc Blanc
Publié le 16 septembre 2026 à 19h16 – Temps de lecture : 3 minutes
