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Le château d’Écouen restaure ses façades sur cour

Par Marie Aschehoug-Clauteaux
Publié le 7 août 2026 à 11h27 – Temps de lecture : 4 minutes

Cet été encore, le château d’Écouen poursuit la restauration de ses façades sur cour. Le chantier, engagé de longue date, se déroule aile après aile, sans fermer le monument : le Musée national de la Renaissance, qu’il abrite, reste ouvert au public pendant toute la durée des travaux. Un tarif réduit, fixé à 3,50 €, est appliqué pour tenir compte de la gêne occasionnée par les échafaudages et par la fermeture de certaines salles. Le parti pris est clair : plutôt que de baisser le rideau, le musée continue d’accueillir les visiteurs au milieu d’un chantier au long cours.

La campagne progresse selon une logique simple : les quatre côtés de la cour intérieure sont traités l’un après l’autre, dans le sens des aiguilles d’une montre. L’aile sud a été achevée à l’été 2024, l’aile ouest à l’été 2025. L’aile nord fait l’objet des interventions les plus récentes, engagées depuis l’été 2025. Restera ensuite l’aile d’entrée, dernière tranche du programme, avant un achèvement prévu d’ici la fin de l’année 2026.

Les travaux portent d’abord sur les parties hautes, les plus exposées aux intempéries. Il s’agit de sécuriser les couvertures en ardoise, les lucarnes et les cheminées, puis de pérenniser les menuiseries. S’y ajoute un travail plus fin sur le décor : nettoyage des pierres par sablage, restauration des incrustations de marbre et redorage des devises anciennes qui courent sur les façades. Autant d’opérations qui visent à mettre le bâtiment à l’abri de l’eau et du gel pour les décennies à venir.

L’ensemble représente un budget de 9,7 millions d’euros, entièrement financé par le ministère de la Culture. La maîtrise d’ouvrage est assurée par l’Oppic, l’Opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la Culture, et la conduite du chantier revient à l’architecte en chef des monuments historiques Régis Martin. Le calendrier, étalé sur plusieurs étés, a été pensé pour limiter l’impact sur la fréquentation d’un site très visité, plutôt que de fermer le château en une seule fois.

Car le château d’Écouen n’est pas un monument comme les autres. Édifié au milieu du XVIe siècle pour Anne de Montmorency, connétable de France et proche des rois Valois, il compte parmi les grands témoins de l’architecture de la Renaissance dans le pays. Depuis 1977, il accueille le Musée national de la Renaissance et ses collections d’orfèvrerie, d’émaux, de céramiques, de mobilier et de tapisseries, réunies dans un cadre qui a conservé son plan d’origine. Peu de musées nationaux disposent ainsi d’un écrin aussi cohérent avec les œuvres qu’ils présentent, ce qui rend d’autant plus sensible l’état des façades.

La restauration a d’ailleurs des conséquences directes sur le parcours de visite. Certaines salles sont fermées et des œuvres fragiles ont été mises en réserve, à commencer par la célèbre tenture de David et Bethsabée, l’une des pièces maîtresses du musée. Le visiteur de cet été découvre donc un château en partie masqué par les échafaudages, mais dont l’essentiel des collections demeure accessible, le temps que le chantier gagne, façade après façade, l’aile suivante.

Le suivi d’un tel chantier impose une grande minutie. Sur un monument classé, chaque geste est encadré : les éléments trop dégradés sont remplacés à l’identique, les décors sont consolidés plutôt que refaits, et les matériaux d’origine sont, autant que possible, conservés. Ce travail patient, invisible pour le grand public une fois les échafaudages démontés, garantit que la cour d’honneur retrouvera l’aspect voulu par ses bâtisseurs. La restauration des devises gravées et dorées, en particulier, demande un savoir-faire rare, à la lisière du bâtiment et de l’objet d’art.

Pour le Val-d’Oise, l’enjeu dépasse le seul monument. Dominant la plaine de France depuis sa butte, le château d’Écouen constitue l’un des équipements culturels majeurs du département et un point d’ancrage touristique du Grand Roissy. En engageant près de dix millions d’euros sur ses façades, l’État entend garantir la pérennité d’un site qui, une fois la campagne terminée, retrouvera l’unité de sa cour et continuera d’accueillir des visiteurs venus de toute la région.