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Taverny : la Ville au chevet de son église

Par Renaud Morelli
Publié le 24 octobre 2026 à 08h43 – Temps de lecture : 4 minutes

Elle veille sur la ville depuis près de huit siècles. L’église Notre-Dame-de-l’Assomption, bâtie en 1237 sur les hauteurs de Taverny, s’apprête à vivre le plus vaste chantier de son histoire. Fragilisé par le temps, l’édifice – l’un des plus anciens de la commune – réclame des soins que la seule mairie ne peut assumer. Pour y parvenir, la municipalité a ouvert cet automne une grande souscription publique et invite habitants comme amoureux du patrimoine à mettre la main à la bourse. Derrière l’appel se cache une ambition rare pour une ville de cette taille : rendre à la pierre son allure d’origine sans grever durablement les finances locales.
Le constat, lui, est sans appel. Un diagnostic conduit en janvier 2025 par un architecte du patrimoine a mis au jour infiltrations d’eau, maçonneries fragilisées, charpentes abîmées et vitraux altérés. Classé monument historique dès 1846, le sanctuaire a certes traversé les siècles, mais l’humidité et l’usure ont fini par entamer l’ouvrage, du faîte des toitures jusqu’aux décors intérieurs. Les désordres se sont accumulés au point qu’une simple réparation ne suffit plus : c’est une reprise d’ensemble, patiente et méthodique, qui doit désormais être engagée pour mettre l’édifice hors d’eau et hors d’air avant de penser à son embellissement. Les premières investigations ont d’ailleurs confirmé que le mal était plus profond qu’il n’y paraissait depuis le parvis, et qu’il fallait agir sans tarder.
Le programme annoncé est à la hauteur de l’enjeu. Les travaux porteront sur la consolidation des maçonneries, la réfection des toitures et des charpentes, puis sur la restauration des sculptures, des vitraux, des décors peints, du mobilier liturgique et de l’éclairage. Autour de l’architecte du patrimoine, tout un cortège de métiers d’art sera mobilisé : tailleurs de pierre, charpentiers, maîtres verriers, menuisiers et doreurs. Le coût total est estimé à plus de 13 millions d’euros, une somme qui oblige à étaler le chantier en cinq grandes phases réparties sur plusieurs années. Autant dire que les échafaudages feront partie du paysage tavernois pour un bon moment. Les phases les plus urgentes, celles qui mettent le bâtiment à l’abri des intempéries, précéderont logiquement les travaux de décor et d’embellissement.
Une facture de cette ampleur ne se règle pas seule. La Ville s’appuie sur l’État, à travers la direction régionale des affaires culturelles d’Île-de-France, ainsi que sur la Région Île-de-France, le Département du Val-d’Oise et la Fondation du patrimoine. Les partenaires publics ont scellé leur engagement financier, et le conseil municipal a validé fin septembre le lancement de la collecte menée avec la Fondation. Reste une part à réunir auprès du grand public : c’est tout le sens de l’appel aux dons lancé ces dernières semaines, qui doit compléter les subventions institutionnelles et témoigner de l’attachement des Tavernois à leur clocher. La mobilisation de ces grands partenaires illustre l’intérêt patrimonial reconnu de l’édifice, bien au-delà des limites de la ville.
Pour les contributeurs, l’effort est allégé par la fiscalité. Un don ouvre droit à une réduction de 66 % de l’impôt sur le revenu : un versement de 100 € ne revient ainsi qu’à 34 € après déduction. Les redevables de l’impôt sur la fortune immobilière bénéficient, eux, d’une réduction de 75 %, et les entreprises mécènes de 60 %. Les dons se font en ligne, sur la plateforme de la Fondation du patrimoine accessible depuis le site de la ville, ou par chèque libellé à son ordre. Des bons de souscription sont par ailleurs mis à disposition en mairie et dans les équipements municipaux, pour ceux qui préfèrent le guichet à l’écran. Un reçu fiscal est adressé à chaque donateur afin de faire valoir cet avantage.