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Saint-Denis : quand soigner rimait avec croire

Par Assia Bedja
Publié le 31 octobre 2026 à 09h19 – Temps de lecture : 4 minutes

Les vacances de la Toussaint ne se passent pas qu’au grand air. À Saint-Denis, le musée d’art et d’histoire Paul-Éluard propose une échappée au chaud, à la fois savante et un brin inquiétante, avec son exposition « Croire et guérir. Et délivrez-nous du mal ». Ouverte depuis le printemps et prolongée jusqu’au 10 janvier 2027, elle explore une question vieille comme l’humanité : comment, selon les époques et les cultures, on a cherché à chasser la maladie et le malheur. Un sujet qui résonne étrangement bien à l’approche d’Halloween, sans jamais verser dans le grand-guignol.
Le propos tient en un fil : retracer l’histoire des pratiques de guérison, de leurs imaginaires et des savoirs qui les ont façonnées, du Moyen Âge jusqu’à nos jours. On y croise tour à tour le religieux, le magique, le médical et le scientifique, car longtemps ces registres se sont mêlés sans se contredire. Prier un saint, porter une amulette, avaler un remède, consulter un médecin : autant de gestes qui, d’un siècle à l’autre, ont visé le même but. Le parcours puise dans plusieurs cultures et interroge, au passage, nos propres façons de nous soigner aujourd’hui, entre confiance dans la science et petites superstitions tenaces.
Pour le démontrer, le musée a sorti ses réserves. Près de deux cent quatre-vingt-cinq pièces sont réunies, issues pour beaucoup de ses propres collections, héritées de l’ancien Hôtel-Dieu et de l’apothicairerie de la ville. Pots de pharmacie, objets de dévotion, images pieuses, instruments et archives dessinent peu à peu un panorama où la foi et la science avancent main dans la main. L’apothicairerie de l’ancien Hôtel-Dieu fait d’ailleurs la réputation du musée, qui conserve là l’un des ensembles les plus parlants de l’histoire hospitalière de la ville. L’exposition raconte ainsi une histoire très concrète du soin, celle d’une cité qui, pendant des siècles, a accueilli et tenté de soulager les malades, les pauvres et les pèlerins de passage sur la route de sa célèbre basilique, nécropole des rois de France.
Le lieu, à lui seul, vaut le détour. Le musée est installé dans un ancien carmel, ce couvent de carmélites où s’était retirée, au XVIIIe siècle, Madame Louise, fille de Louis XV. Derrière les hauts murs se cachent un cloître, d’anciennes cellules de religieuses et une salle qui rappelle l’ancien Hôtel-Dieu, autant d’espaces chargés de silence et de mémoire. Pour accueillir l’exposition, certains de ces décors ont été réaménagés, mais l’atmosphère du couvent continue d’imprégner la visite : difficile d’imaginer écrin plus juste pour parler de corps souffrants et d’âmes en quête de salut.
Pendant les congés, le musée accueille le public du mardi au dimanche : du mardi au vendredi de 10h à 17 h 30, le samedi de 11h à 18 h 30 et le dimanche de 14h à 18 h 30. Il reste fermé le lundi, dont le lundi 2 novembre, dernier jour des vacances ; pour le dimanche 1er novembre, jour de la Toussaint, mieux vaut vérifier l’ouverture avant de se déplacer. Le dernier jeudi du mois, l’établissement prolonge par ailleurs sa nocturne jusqu’à 20h, pour qui préfère flâner le soir dans les salles.
Question budget, l’adresse se révèle imbattable pour une sortie en famille : l’entrée coûte 5 € en plein tarif, 3 € en tarif réduit, et reste gratuite pour les moins de 26 ans. Le musée se trouve 22 bis rue Gabriel-Péri, à quelques pas de la station Saint-Denis – Porte de Paris, sur la ligne 13 du métro, et renseigne les visiteurs au 01 83 72 24 57.