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Inondations d’octobre, dix-neuf communes varoises reconnues en état de catastrophe naturelle

Route inondée après une catastrophe naturelle
Par Jonathan Caron
Publié le 30 octobre 2026 à 11h03 – Temps de lecture : 4 minutes

Dix jours après les violentes intempéries qui ont balayé le département, l’État apporte une réponse attendue par de nombreux sinistrés. Un arrêté ministériel pris le mardi 27 octobre 2026 et publié au Journal officiel ce jeudi 29 octobre reconnaît l’état de catastrophe naturelle dans dix-neuf communes du Var, au titre des inondations et coulées de boue survenues les lundi 19 et mardi 20 octobre 2026. Cette reconnaissance officielle ouvre la voie à l’indemnisation des particuliers, des entreprises et des collectivités touchés par les dégâts des eaux.

L’épisode en cause s’inscrit dans la série des phénomènes méditerranéens qui frappent régulièrement le département à l’automne, lorsque la mer encore chaude alimente des orages stationnaires capables de déverser en quelques heures l’équivalent de plusieurs semaines de précipitations. Les 19 et 20 octobre, les sols saturés n’ont pas pu absorber les pluies, provoquant débordements de cours d’eau, ruissellements urbains et coulées de boue dans plusieurs secteurs du territoire varois.

La liste des communes reconnues témoigne de l’ampleur géographique du phénomène, qui a concerné aussi bien le littoral que l’arrière-pays. Sur la frange côtière, Bandol, Saint-Cyr-sur-Mer, Le Castellet et La Seyne-sur-Mer ont été touchés à l’ouest du département, tandis que le golfe de Saint-Tropez a été éprouvé avec Saint-Tropez, Grimaud, Sainte-Maxime, Le Plan-de-la-Tour et Roquebrune-sur-Argens. En Dracénie et dans le cœur du Var, l’arrêté retient Les Arcs-sur-Argens, Lorgues, Vidauban, Le Thoronet, Claviers et Gonfaron. La Provence Verte n’est pas épargnée, avec Cabasse, Montfort-sur-Argens, Correns et Saint-Antonin-du-Var.

Le régime de la catastrophe naturelle, institué par la loi du 13 juillet 1982, repose sur un principe de solidarité nationale. Tous les contrats d’assurance de dommages, habitation comme automobile ou multirisque professionnelle, comportent obligatoirement une garantie contre les effets des catastrophes naturelles. Cette garantie ne peut toutefois être activée que si un arrêté interministériel constate l’intensité anormale de l’agent naturel, ce qui est désormais chose faite pour ces dix-neuf communes. Les dommages matériels directs causés par les inondations et les coulées de boue pourront ainsi être pris en charge par les assureurs, au-delà des seules garanties classiques des contrats.

Pour les habitants et les professionnels concernés, le calendrier est désormais précis. La publication au Journal officiel de ce jeudi 29 octobre fait courir le délai légal de déclaration, fixé à trente jours. Les sinistrés ont donc jusqu’au samedi 28 novembre 2026 pour déclarer leurs dommages auprès de leur compagnie d’assurance, en joignant tous les justificatifs utiles, photographies des dégâts, factures des biens endommagés ou devis de remise en état. Les personnes qui avaient déjà effectué une déclaration à la suite des intempéries doivent signaler à leur assureur que leur commune est désormais reconnue en état de catastrophe naturelle, afin que leur dossier soit traité dans ce cadre. Le texte intégral de la reconnaissance peut être consulté dans l’arrêté ministériel mis en ligne par la préfecture.

La procédure doit ensuite suivre son cours selon des étapes encadrées par la loi. Une fois la déclaration enregistrée, l’assureur missionne le cas échéant un expert, puis verse une provision sur les indemnités dans un délai de deux mois à compter de la remise de l’état estimatif des pertes. L’indemnisation définitive intervient dans les trois mois. Une franchise légale reste à la charge des assurés, dont le montant est fixé par la réglementation et ne peut pas être rachetée par le contrat.

Cette reconnaissance rappelle enfin la vulnérabilité particulière du Var face au risque inondation, l’un des plus meurtriers du territoire national. Entre prévention des crues, entretien des cours d’eau, plans communaux de sauvegarde et culture du risque auprès des habitants, les collectivités varoises et les services de l’État travaillent de longue date à réduire l’exposition du département à ces épisodes extrêmes, dont la fréquence et l’intensité sont appelées à augmenter avec le changement climatique. Pour les dix-neuf communes concernées et leurs habitants, l’enjeu immédiat reste cependant très concret, faire reconnaître ses dommages dans les délais et engager au plus vite la réparation des dégâts laissés par les eaux des 19 et 20 octobre.