Le gouvernement a dévoilé, ce lundi 26 octobre 2026, une première série de mesures destinées aux lycéens et aux étudiants. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, et le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, Philippe Baptiste, ont présenté ensemble ce train de décisions. Il touche à la fois la taille des classes, l’encadrement des élèves, l’orientation après le baccalauréat et le pouvoir d’achat des étudiants. Surtout, il acte la fin programmée de Parcoursup, que l’exécutif entend remplacer en 2028 par un nouveau système d’admission.
Ces annonces s’appuient d’abord sur une consultation en ligne ouverte à tous les lycéens du 6 au 23 octobre. Pendant dix-huit jours, les élèves pouvaient répondre de façon anonyme à deux questions simples. La première portait sur les difficultés rencontrées au lycée, la seconde sur ce qu’il faudrait changer pour mieux apprendre. Le ministère a recueilli plus de 100 000 contributions, dont un peu plus d’une sur cinq rédigée collectivement. Près de 3 000 établissements ont ainsi pris part à l’exercice.
Les réponses dessinent un tableau assez net. En effet, plus de sept lycéens sur dix pointent un temps scolaire déséquilibré, avec des journées trop longues et des emplois du temps mal construits. Le climat scolaire et la santé mentale arrivent ensuite, cités dans environ un tiers des réponses. Les élèves dénoncent aussi, presque aussi souvent, l’absence de professeurs mal remplacés. Viennent enfin les classes trop chargées, le stress lié à l’orientation et le sentiment que leur parole reste peu entendue.
Pour répondre à ces attentes, le gouvernement fixe d’abord un plafond de 28 élèves par classe de seconde générale et technologique. La mesure s’appliquera dès la rentrée 2027 dans la moitié des lycées les moins favorisés, puis dans tous les établissements en 2028. Concrètement, cette réduction des effectifs suppose de recruter. L’État prévoit donc la création de 500 postes de professeurs. Par ailleurs, il annonce le recrutement de 920 enseignants contractuels pour améliorer les remplacements. Selon le ministère, le nombre de lycées en grande difficulté sur ce point serait déjà tombé de 114 à 21.
Le quotidien des élèves fait aussi l’objet de plusieurs engagements. Dès la rentrée 2027, chaque lycéen disposera d’au moins une heure de pause pour déjeuner. Cette garantie répond directement aux plaintes sur des journées surchargées. De plus, 500 postes de psychologues, d’infirmiers et d’assistants sociaux verront le jour à la même échéance. En outre, 500 lycées bénéficieront d’un accompagnement pour améliorer leur confort thermique d’ici l’été 2027, un enjeu devenu sensible avec la multiplication des épisodes de chaleur. Enfin, les représentants lycéens gagneront des sièges dans les instances de décision, et chaque conseil d’administration devra débattre des contributions de son établissement.
Le volet le plus attendu concerne cependant l’orientation. Parcoursup, la plateforme nationale qui gère depuis 2018 les vœux d’entrée dans l’enseignement supérieur, concentre depuis longtemps les critiques des familles. Les candidats lui reprochent notamment l’opacité des classements et l’attente des réponses. Dès 2027, chaque refus devra donc être motivé. Les formations publieront aussi leurs critères d’examen des dossiers. La lettre de motivation ne sera plus exigée que lorsqu’elle présente une réelle utilité. Ensuite, en 2028, un nouveau système d’admission prendra le relais. Le gouvernement promet un outil plus simple, conçu avec les lycéens et les enseignants.
L’offre de formation s’élargira également. Ainsi, 15 000 places supplémentaires ouvriront en 2027 et 2028. Les brevets de technicien supérieur en absorberont l’essentiel avec 10 000 places. Les bachelors universitaires de technologie en recevront 4 000, et la licence accès santé 1 000. Ces filières courtes et professionnalisantes sont souvent saturées, ce qui laisse chaque année des bacheliers sans proposition. Par ailleurs, les élèves de première et de terminale pourront suivre une journée d’immersion dans l’enseignement supérieur pour mieux préparer leurs choix.
Les étudiants, enfin, voient leur situation matérielle prise en compte. À partir de la rentrée 2027, les bourses seront indexées sur l’inflation, ce qui protégera leur montant de l’érosion des prix. Le repas à un euro dans les restaurants universitaires des Crous s’étend à tous les étudiants. Selon le gouvernement, l’économie peut atteindre 375 euros par an. Sur le logement, 45 000 places sont programmées entre 2025 et 2027, dont 26 000 déjà en chantier. L’État consacrera aussi un milliard d’euros à la rénovation des universités d’ici 2029. Côté santé, le soutien psychologique gratuit reste accessible via le numéro national 3040 et le dispositif Santé psy étudiant, qui ouvre droit à douze séances par an.
Ces mesures restent désormais à traduire dans les budgets et les textes d’application. Le calendrier s’étale jusqu’en 2028, et plusieurs engagements, comme les créations de postes, dépendront des arbitrages des prochaines lois de finances. Le ministère détaille l’ensemble du dispositif sur sa page consacrée aux changements pour les lycéens et les étudiants. Pour les familles, l’enjeu immédiat porte surtout sur la prochaine campagne d’orientation, qui se déroulera encore sur Parcoursup, avec ses premiers ajustements, avant la bascule vers le nouveau système d’admission.

