Entre une soirée de jeux, une balade sur les pas des artisans d’autrefois et la cérémonie de l’Armistice, Luzarches traverse ces quelques jours en regardant à la fois vers son passé de guerre et vers ses savoir-faire. Comme si, lovée entre la forêt de Carnelle et ses vieilles pierres, la commune refusait de séparer tout à fait la mémoire du quotidien, le devoir du souvenir et le plaisir de vivre ensemble. Une semaine en trois actes, en somme, où l’on joue un soir, où l’on marche un après-midi, puis où l’on se tait un matin.
Le temps fort reste le mercredi 11 novembre. À 10 h 30, la municipalité convie les habitants au monument aux morts, rue François-de-Ganay, pour une cérémonie patriotique à la mémoire de l’armistice de 1918. La Ville la présente comme « un moment de rassemblement ouvert à tous », où se transmettent les idées de solidarité, d’unité et de défense nationale. Plus d’un siècle après le silence revenu sur le front, le rendez-vous rappelle que nul village de la grande couronne n’a été épargné : chacun a vu partir ses jeunes gens vers les tranchées, et beaucoup n’ont jamais revu leur clocher. Le monument de la rue François-de-Ganay deviendra, le temps d’un matin, le centre de gravité du bourg.
La date, du reste, n’a plus tout à fait le même sens qu’au lendemain de 1918. Depuis 2012, le 11 Novembre est devenu la journée nationale d’hommage à tous les « morts pour la France », quels que soient le conflit et l’époque. Au pied du monument luzarchois, c’est donc une mémoire élargie que l’on honore : celle des poilus des tranchées, mais aussi de tous ceux qui, plus tard, ont laissé leur vie sous l’uniforme. Une manière de rappeler, à chaque génération, que le devoir de souvenir ne se conjugue jamais seulement au passé. Partout en France, les communes ont élevé leur monument aux morts dans les années 1920, y gravant la longue liste de leurs disparus ; Luzarches n’a pas échappé à ce deuil collectif.
Trois jours plus tôt, la ville aura déjà invité à regarder son histoire autrement. Le samedi 7 novembre, à 13 h 45, une balade commentée partira du parking de l’église pour une boucle d’environ deux heures. Au programme, 4,7 kilomètres et un peu de dénivelé – 71 mètres, de quoi se chausser correctement – sur le thème « Luzarches, ses savoir-faire d’hier à aujourd’hui ». Guidés par Annie Ocana, les marcheurs suivront les traces des métiers anciens, artisans et agriculteurs, encore lisibles dans les rues et le bâti de la cité. Proposée par l’office de tourisme communautaire Terre de Carnelle, la sortie est gratuite, mais l’inscription reste obligatoire. Accessible à qui sait marcher deux heures, la promenade se veut autant une leçon de territoire qu’une plongée dans la mémoire des gestes d’autrefois.
La veille, le vendredi 6 novembre, la Maison Erik-Satie, rue Charles-de-Gaulle, aura rouvert ses portes aux amateurs de jeux de société. À partir de 20 h 30, l’association Jouons ensemble à Luzarches réunit débutants et joueurs confirmés, en famille, entre amis ou même seul, jusque tard dans la soirée. Entre le plateau de jeu du vendredi, la balade du samedi et le monument du mercredi, la semaine dessine le portrait d’une commune qui tient autant à sa convivialité qu’à son devoir de mémoire, et qui sait bien que l’un ne va pas vraiment sans l’autre. La Maison Erik-Satie, elle, restera ce point de ralliement discret où la vie associative tisse, semaine après semaine, le lien entre voisins.
11 novembre : Luzarches se souvient et se raconte
Par Marc Blanc
Publié le 5 novembre 2026 à 17h20 – Temps de lecture : 4 minutes
