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Le Plessis-Robinson : Hachette revient à l’Hôtel de Ville

Par Gilbert Caron
Publié le 4 novembre 2026 à 18h07 – Temps de lecture : 4 minutes

Au Plessis-Robinson, l’Hôtel de Ville n’a pas toujours été une mairie. Avant d’accueillir les services municipaux, l’édifice fut un château seigneurial, racheté en 1854 par un éditeur dont le nom se croise encore en librairie comme dans les gares : Louis Hachette. En ce début de novembre, la ville renoue avec cette figure à l’occasion des deux cents ans de la maison d’édition qui porte toujours son nom. Une exposition et une conférence invitent les Robinsonnais à redécouvrir l’homme qui, parti d’une simple librairie parisienne, bâtit l’un des plus grands empires du livre français – et qui, le temps de quelques années, administra aussi leur commune. Un hommage local rendu à une gloire nationale, en somme.
Jusqu’au 8 novembre, le Salon Canaletto de la Maison des Arts, place Jane-Rhodes, accueille l’exposition « Louis Hachette – Un nom, une vie, un empire ». Ouverte depuis le 31 octobre, elle se visite du mardi au dimanche, de 15h à 19h, et l’entrée est libre. Conçue par la médiathèque Jean-d’Ormesson et le service patrimoine-archives de la ville, elle retrace le parcours d’un homme du XIXe siècle qui a fait du livre un objet du quotidien. Au fil des panneaux et des documents, c’est toute une aventure éditoriale qui se déploie, de la boutique des débuts à la multinationale d’aujourd’hui. Le bicentenaire de la maison offrait l’occasion rêvée de rappeler que cette épopée a, pour partie, des racines robinsonnaises.
Car Louis Hachette ne fut pas seulement un commerçant avisé. Libraire puis éditeur, il a largement contribué à démocratiser la lecture : manuels scolaires pour les écoles de la République naissante, ouvrages de vulgarisation scientifique, collections populaires vendues à bas prix et, trouvaille restée célèbre, les bibliothèques de gare, ces kiosques où le voyageur pouvait s’offrir un roman avant de monter en voiture. Dans une France qui s’alphabétisait et que le chemin de fer transformait, il avait flairé un marché neuf, celui des lecteurs ordinaires. Autant d’idées qui ont mis l’imprimé à la portée du plus grand nombre, bien avant la lecture de masse du siècle suivant. L’éditeur avait compris, avant beaucoup, qu’un livre bon marché et bien distribué pouvait toucher un public immense. Deux cents ans plus tard, la maison née de ces intuitions demeure l’un des piliers de l’édition française.
Reste le lien, plus intime, qui l’unit au Plessis-Robinson. En achetant le château du village en 1854, l’éditeur s’ancre dans une commune qui ne portait pas encore son nom actuel : on l’appelait alors Le Plessis-Piquet. L’homme ne se contente pas d’y résider ; il en devient le maire en 1856, fonction qu’il exerce l’espace d’une petite année seulement. Sa demeure, elle, a traversé le temps : c’est aujourd’hui l’Hôtel de Ville, là où se décident les affaires de la cité. De sorte qu’en poussant la porte de la mairie, les Robinsonnais d’aujourd’hui entrent, sans toujours le savoir, dans l’ancienne maison d’un géant de l’édition.
Pour prolonger la visite, la ville propose une conférence le samedi 7 novembre, à 10 h 30, dans la salle de conférence de la Maison des Arts. Intitulée « Louis Hachette, une figure robinsonnaise », elle est confiée à l’historien Jean-Yves Mollier, spécialiste reconnu de l’histoire de l’édition et auteur d’une biographie de référence consacrée à l’éditeur.