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La métropole toulonnaise renforce sa stratégie de prévention des inondations

Sacs de sable protégeant une maison des inondations dans la métropole
Par Jonathan Caron
Publié le 3 novembre 2026 à 09h14 – Temps de lecture : 4 minutes

Dans un territoire où environ un habitant sur six vit en zone inondable, soit 86 000 personnes, la Métropole Toulon Provence Méditerranée a présenté ce début novembre 2026 l’ensemble des actions qu’elle déploie pour réduire la vulnérabilité de ses douze communes face aux épisodes pluvieux intenses. Le littoral varois cumule en effet trois phénomènes distincts, le débordement des cours d’eau, le ruissellement des eaux pluviales en milieu urbain et la submersion marine, qui peuvent se conjuguer lors des épisodes méditerranéens de l’automne. Face à des pluies dont l’intensité augmente avec le dérèglement climatique, la collectivité a choisi d’agir à la fois sur les aménagements, sur l’accompagnement des habitants et sur l’organisation de la réponse de crise.

Le dispositif le plus directement accessible aux particuliers s’appelle ALABRI. Il propose à chaque habitant d’une zone exposée un diagnostic personnalisé de son logement, entièrement gratuit, confidentiel et sans engagement, réalisé par un technicien spécialisé qui se déplace sur place. L’expert identifie les points faibles de l’habitation et préconise des aménagements concrets, comme la pose de batardeaux, ces barrières amovibles qui se fixent devant les portes pour bloquer l’eau, la protection des ouvertures, la mise hors d’eau des équipements électriques ou encore la création d’une zone refuge à l’étage pour attendre les secours en sécurité. Les travaux recommandés peuvent être financés en totalité, l’État en prenant 80 % en charge et la métropole les 20 % restants. Plus de 250 habitants ont déjà été accompagnés depuis 2020, et la collectivité s’est fixé l’objectif ambitieux de 1 800 diagnostics d’ici 2029. Les demandes se font sur la plateforme dédiée, au 04 22 46 11 85, par courriel ou lors de permanences organisées en mairie.

Cette montée en puissance s’inscrit dans un cadre plus large, le Programme d’Actions de Prévention des Inondations des Petits Côtiers Toulonnais. Engagé dès 2018, ce programme a été reconduit pour la période 2024-2029 et labellisé par l’État en 2024, un gage de sérieux qui conditionne les cofinancements nationaux. Il représente plus de 55 millions d’euros d’investissements et 73 actions à mener d’ici 2029. Le champ couvert est volontairement très large, puisqu’il va de l’amélioration de la connaissance des risques à la sensibilisation du grand public, en passant par la gestion de crise, l’accompagnement des particuliers et des entreprises, et des aménagements hydrauliques lourds tels que des bassins de rétention ou des zones d’expansion des crues, ces espaces volontairement sacrifiés où la rivière peut déborder sans menacer les habitations.

La métropole travaille en parallèle sur ses réseaux d’eaux pluviales. Un diagnostic complet est en cours dans le cadre du Schéma Directeur des Eaux Pluviales, afin de repérer les secteurs où les canalisations saturent lors des fortes pluies. La stratégie dite de la ville perméable complète cette approche en favorisant la végétalisation et la désimperméabilisation des sols, car chaque mètre carré de bitume remplacé par de la pleine terre permet à l’eau de s’infiltrer au lieu de ruisseler vers les points bas.

L’entretien courant des cours d’eau mobilise pour sa part 200 000 euros chaque année, un travail discret mais essentiel pour éviter que des embâcles ne forment des barrages lors des crues. S’y ajoutent 11 millions d’euros de travaux de sécurisation des cours d’eau enterrés à Hyères, La Seyne-sur-Mer et Six-Fours-les-Plages, ces rivières recouvertes par l’urbanisation qui traversent les centres-villes en souterrain. La vigilance reste de mise sur l’ensemble du territoire, où dix fleuves côtiers présentent un risque fort de débordement, parmi lesquels le Gapeau, le Roubaud et le Loup.

Parce que la prévention ne supprime jamais totalement le risque, la métropole finalise également son Plan Intercommunal de Sauvegarde. Ce document opérationnel viendra coordonner l’action des communes en cas d’événement majeur et mutualiser les moyens humains, matériels et logistiques, en complément des plans communaux de sauvegarde que chaque ville tient déjà à jour.

Ange Musso, vice-président de la métropole, insiste sur la nécessité d’anticiper et invite les habitants des zones exposées à ne pas attendre qu’une inondation survienne chez eux pour engager un diagnostic. Dans un département régulièrement meurtri par les intempéries, cette stratégie combinant travaux, accompagnement individuel et préparation collective dessine une protection plus solide pour les 86 000 riverains concernés, à l’heure où chaque automne rappelle que le risque fait désormais partie du quotidien du littoral varois.