Ce mardi 3 novembre 2026, le Conseil de Provence a installé les membres de sa troisième mandature au sein du Département des Bouches-du-Rhône. La séance a été marquée par la nomination de Sylvie Plunian à la présidence de cette instance consultative, une désignation prononcée par Martine Vassal, présidente du Conseil départemental. Avec une assemblée renouvelée à près de la moitié, l’institution entame un nouveau cycle de quatre ans au service de la réflexion sur les politiques publiques du territoire.
Créé le 30 juin 2016, le Conseil de Provence réunit des membres issus de la société civile au sens large, tous bénévoles. Entrepreneurs, responsables associatifs et acteurs des différents secteurs de la vie locale y siègent pour apporter un regard extérieur sur l’action départementale. Sa mission consiste à élaborer des études et à produire des analyses qui viennent nourrir les choix de la collectivité, en apportant des axes de réflexion et des éclairages aux politiques élaborées par le Département. Il ne décide pas, il conseille, à la manière des conseils de développement que l’on retrouve dans de nombreuses intercommunalités, mais à l’échelle d’un département de plus de deux millions d’habitants.
À la tête de deux entreprises marseillaises, Sylvie Plunian succède à Roger Mongereau, qui a présidé l’instance pendant ses deux premiers mandats. Elle n’arrive pas en terrain inconnu. Membre du Conseil de Provence depuis six ans, elle dit avoir appris auprès de son prédécesseur au fil de nombreuses rencontres, et retient de cette période qu’on ne peut apprécier ce qui se passe sur un territoire qu’en apprenant des autres, pour ensuite agir ensemble au bénéfice de tous. Dans son discours d’investiture, la nouvelle présidente a présenté cette mandature comme une nouvelle ère, qui permettra de travailler différemment sur les travaux confiés par la présidente du Département.
Martine Vassal a tenu à saluer ce choix lors de la séance. Elle a estimé que Sylvie Plunian possédait toutes les qualités nécessaires pour coordonner l’ensemble des commissions et des personnes désignées. Ce rôle de chef d’orchestre est central, car le Conseil de Provence fonctionne par commissions thématiques, chacune chargée d’instruire un sujet avant de livrer ses conclusions à l’assemblée. L’assemblée a également élu ses trois vice-présidents, Elisabeth Caruette, Valérie Carbonne et Gérard-Michaël Bohbot, qui représenteront différents collèges au sein de l’instance et épauleront la présidente dans la conduite des travaux.
Le renouvellement de près de 50 % des membres donne à cette troisième mandature un visage largement nouveau. Ce brassage permet d’intégrer des profils et des sensibilités qui n’étaient pas représentés jusqu’ici, tout en conservant une base de membres expérimentés capables de transmettre les méthodes de travail acquises au cours des dix premières années. C’est cet équilibre entre continuité et renouvellement que Sylvie Plunian entend faire vivre, en s’appuyant sur une méthode résolument collective. Selon elle, les commissions ne doivent pas travailler en silos mais en tuiles, tous ensemble, en se retrouvant régulièrement pour présenter leurs exposés et définir ce qu’elles proposent dans les travaux finaux. L’image des tuiles qui se chevauchent dit bien l’ambition de faire dialoguer les expertises plutôt que de les juxtaposer.
Le mandat qui s’ouvre, d’une durée de quatre ans, s’articule autour de trois grandes thématiques. La première porte sur la manière d’aborder l’intelligence artificielle, un sujet qui touche désormais aussi bien les services publics que les entreprises, l’éducation ou la santé, et sur lequel les collectivités cherchent des repères pour accompagner les usages sans subir la transformation. La deuxième concerne les problématiques environnementales, un enjeu particulièrement sensible dans les Bouches-du-Rhône, entre risque incendie dans les massifs, gestion de l’eau, qualité de l’air autour de l’étang de Berre et adaptation du littoral. La troisième vise à redonner espoir et confiance à la jeunesse, dans un département où le Conseil départemental assure déjà la gestion des collèges et déploie de nombreux dispositifs en direction des jeunes. Sur ces trois chantiers, les commissions produiront des rapports destinés à alimenter les décisions de l’assemblée départementale.
Cette séance d’installation a aussi été l’occasion de lancer et de présenter officiellement le premier site internet du Conseil de Provence, développé avec le Département. Jusqu’ici, les travaux de l’instance n’étaient accessibles qu’à travers les publications de la collectivité. Les habitants peuvent désormais consulter directement ses contributions, ses rapports et son actualité sur la plateforme du Conseil de Provence, qui se présente comme une instance de réflexion et de propositions de la société civile pour construire l’avenir des Bouches-du-Rhône. Ce nouvel outil marque symboliquement l’entrée dans la troisième mandature et doit donner une visibilité nouvelle à un travail jusqu’alors assez confidentiel.
Pour les habitants des Bouches-du-Rhône, l’enjeu dépasse la seule nomination d’une présidente. Le Conseil de Provence constitue l’un des rares espaces où des citoyens engagés, sans mandat électif, contribuent directement à la réflexion d’une collectivité qui gère les routes, les collèges, l’action sociale et une large part de la solidarité au quotidien. En choisissant de consacrer les quatre prochaines années à l’intelligence artificielle, à l’environnement et à la jeunesse, l’instance s’empare de questions qui façonneront le territoire bien au-delà de 2030. La qualité de ses travaux et la place que le Département leur accordera diront si cette troisième mandature tient la promesse d’une Provence plus solidaire et plus durable.

