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Appel pour équiper les PME en intelligence artificielle

Par Assia Bedja
Publié le 24 mai 2026 à 08h34 – Temps de lecture : 4 minutes

Dans la lignée des objectifs de modernisation industrielle du pays, une nouvelle initiative vient d’être lancée pour accélérer la transformation technologique du tissu économique intermédiaire. Sous l’égide de France 2030, Thomas Courbe, à la tête de la Direction générale des entreprises, et Bruno Bonnell, qui pilote le Secrétariat général pour l’investissement, ont officialisé l’ouverture d’un Appel à Manifestation d’Intérêt. Ce projet ambitieux se donne pour mission de recenser et de mettre en avant des entreprises capables de fournir des technologies d’intelligence artificielle à la fois performantes, immédiatement exploitables et respectueuses des impératifs de souveraineté nationale, spécifiquement calibrées pour les petites, moyennes et moyennes-hautes structures entrepreneuriales.

Cette démarche s’insère de manière très concrète dans la feuille de route du plan stratégique national baptisé « Osez l’IA », dont la finalité est de voir quatre cinquièmes des PME et ETI françaises intégrer ces technologies dans leurs processus quotidiens à l’horizon 2030. Pour y parvenir, la Direction générale des Entreprises et le Secrétariat général pour l’investissement s’associent aux compétences sectorielles du Hub France IA. Ensemble, ils ambitionnent de bâtir un catalogue de référence regroupant les prestataires aptes à concevoir, installer et assurer la maintenance d’outils d’intelligence artificielle. Ce répertoire aura une utilité forte pour les organisations qui affichent un retard en matière de culture numérique ou qui sont éloignées des grands centres urbains, favorisant ainsi une diffusion homogène de l’innovation sur l’ensemble des territoires.

L’intérêt principal pour les dirigeants de PME et ETI sera de pouvoir identifier sans intermédiaire des prestations d’intelligence artificielle souveraines qui respectent leurs réalités de terrain et leurs budgets, tout en garantissant des retours sur investissement tangibles en termes d’efficacité productive, de positionnement sur les marchés et de créativité industrielle. De plus, ce listing servira de base de travail pour de nombreux programmes publics de soutien existants, à l’image des diagnostics spécialisés gérés par Bpifrance. Les structures retenues apparaîtront dans un inventaire accessible à tous, mis à la disposition des décideurs mais aussi de tous les réseaux institutionnels chargés d’accompagner la transition numérique des entreprises, parmi lesquels figurent les réseaux consulaires, les ambassadeurs sectoriels, France Num ou encore les hubs européens d’innovation.

Il convient toutefois de préciser que cette mesure s’articule autour d’une logique exclusive de mise en relation et de gain de notoriété. L’inscription sur cette liste n’ouvre aucun droit à des subventions ou à des aides financières directes de la part de l’État pour les offreurs retenus.

L’appel s’adresse en priorité aux jeunes pousses de la Tech et aux sociétés de services informatiques. Pour postuler, ces dernières doivent justifier d’un produit où l’intelligence artificielle représente la brique technologique majeure, avec un positionnement à la pointe de la recherche actuelle. Elles doivent également démontrer un ancrage économique fort à l’échelle européenne, proposer une grille de services adaptée aux structures à taille humaine et pouvoir attester de projets déjà finalisés auprès de cette typologie de clientèle à l’aide de cas d’usage vérifiables. Les dossiers de candidature doivent être complétés en ligne sur l’espace dédié du Hub France IA. Une première échéance est fixée au 5 juin 2026, bien que le guichet reste ouvert au-delà de cette date pour des évaluations régulières et continues.

Ce dispositif s’inscrit dans la philosophie globale de France 2030, une enveloppe financière massive de 54 milliards d’euros conçue pour replacer la France en tête des transitions d’avenir, qu’il s’agisse de la santé, des transports ou de l’énergie. Supervisé par les services du Premier ministre et opéré par des entités de confiance comme Bpifrance, l’Ademe, l’ANR ou la Banque des Territoires, ce plan impose des critères stricts : la moitié des fonds est allouée à la transition écologique tandis que l’autre moitié soutient les acteurs émergents et disruptifs, avec une exclusion systématique des projets nuisibles à l’environnement.