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La révision annuelle des loyers plafonnée à 1,15 % cet été

Par Samy Abtroun
Publié le 16 juillet 2026 à 14h41 – Temps de lecture : 4 minutes

L’Insee a publié ce vendredi 10 juillet 2026 le nouvel indice de référence des loyers, celui qui encadre la révision du loyer pour les mois à venir. Fixé à 148,37 pour le deuxième trimestre en France métropolitaine, cet indice progresse de 1,15 % sur un an. Concrètement, un propriétaire ne peut donc relever le loyer de son locataire que de 1,15 % au maximum lors de la révision annuelle. La hausse reste ainsi contenue, dans le prolongement du ralentissement observé depuis deux ans.

Cet indice n’a rien d’abstrait pour les millions de ménages qui louent leur logement. L’Insee le calcule à partir de la moyenne de l’évolution des prix à la consommation hors tabac et hors loyers, sur les douze derniers mois. Les loyers en sont écartés afin d’éviter que l’indice ne se nourrisse de sa propre progression. Il colle donc au plus près de l’inflation et sert de plafond légal à toute augmentation. Publié chaque trimestre, il s’établissait à 146,60 au premier trimestre 2026. La progression demeure par conséquent modérée, loin des pointes enregistrées en 2022 et 2023.

Encore faut-il que la révision soit prévue. Elle n’a en effet rien d’automatique et suppose qu’une clause du bail l’autorise expressément. Sans cette clause, le loyer reste inchangé pendant toute la durée du contrat. Lorsqu’elle existe, la révision du loyer intervient à la date inscrite dans le bail ou, à défaut, à la date anniversaire de sa signature. Le locataire a donc tout intérêt à relire son contrat avant d’accepter une hausse.

Le calcul, lui, obéit à une règle simple. Le loyer en cours est multiplié par le nouvel indice du trimestre de référence, puis divisé par l’indice du même trimestre un an plus tôt. Prenons un bail signé le 20 juillet 2025, avec un loyer de 600 euros. À la révision, l’indice du deuxième trimestre 2026, soit 148,37, est rapporté à celui du deuxième trimestre 2025, soit 146,68. Le loyer passe alors à 606,91 euros une fois arrondi au centime. La hausse atteint donc moins de sept euros par mois.

Le propriétaire ne dispose toutefois pas d’un délai illimité pour appliquer cette augmentation. Il a un an à compter de la date de révision prévue au bail. Passé ce délai, la révision est perdue et le loyer se maintient au niveau précédent. De plus, elle ne joue jamais de façon rétroactive. Autrement dit, un bailleur qui tarde ne peut pas réclamer d’un coup les mois écoulés. Cette règle protège le locataire d’un rattrapage brutal.

Certains logements échappent d’ailleurs totalement à cette possibilité de hausse. Depuis le 24 août 2022 en métropole, les propriétaires d’un logement classé F ou G au diagnostic de performance énergétique ne peuvent plus procéder à la révision du loyer. Ces habitations, que l’on appelle couramment des passoires thermiques, consomment beaucoup d’énergie et pèsent lourd sur les factures des occupants. La même interdiction s’applique dans les départements d’outre-mer depuis le 1er juillet 2024. Elle concerne les baux signés, renouvelés ou reconduits tacitement après ces dates. L’objectif est clair, puisqu’il s’agit d’inciter les bailleurs à rénover plutôt qu’à augmenter.

L’indice varie enfin légèrement selon les territoires. En Corse, il atteint 146,22, tandis que les régions d’outre-mer affichent 146,94, contre 148,37 en métropole. Ces écarts restent faibles, mais ils rappellent que le marché locatif ne répond pas partout aux mêmes tensions. Dans les zones tendues, où la demande dépasse largement l’offre, un encadrement des loyers vient par ailleurs limiter les montants dès la mise en location. Ce dispositif couvre aujourd’hui des centaines de communes, principalement situées dans les grandes agglomérations et sur le littoral.

Pour le locataire comme pour le propriétaire, cette révision reste donc un rendez-vous annuel qu’il vaut mieux connaître. Vérifier la présence d’une clause, le bon trimestre de référence et le respect du délai suffit le plus souvent à éviter les malentendus. Les conditions détaillées et un simulateur de calcul figurent sur la page dédiée du service public. En cette mi-juillet 2026, ce nouvel indice fixe ainsi le cadre des augmentations pour toute une année, dans un contexte où le pouvoir d’achat des ménages reste au cœur des préoccupations.