Les automobilistes qui parcourent de longues distances pour se rendre au travail disposent de quelques semaines supplémentaires pour réclamer leur coup de pouce. Le gouvernement a en effet reporté la fermeture du guichet de l’aide carburant réservée aux travailleurs grands rouleurs, initialement fixée au 30 juillet 2026. Les demandes restent désormais recevables jusqu’au 31 août 2026. Cette prolongation vise à laisser le temps aux personnes concernées, estimées à environ trois millions, de finaliser leur dossier avant la coupure de l’été.
Ouverte depuis le 27 mai sur le site des impôts, cette aide destinée aux grands rouleurs prend la forme d’un versement forfaitaire de 100 euros. Le montant a doublé par rapport à la somme envisagée au départ, qui s’établissait à 50 euros. Selon les autorités, il correspond à une compensation d’environ vingt centimes par litre, calculée sur une consommation moyenne de six mois. Ce caractère forfaitaire signifie que la somme reste identique quel que soit le nombre de kilomètres réellement parcourus au-delà du seuil requis. Le dispositif cherche ainsi à atténuer le poids du carburant dans le budget des actifs modestes qui dépendent de leur véhicule au quotidien.
L’aide s’adresse en priorité aux revenus modestes. Pour y prétendre, il faut résider en France, y avoir été domicilié fiscalement en 2024 et afficher un revenu fiscal de référence par part inférieur ou égal à 16 880 euros. Ce revenu fiscal de référence par part se calcule en divisant l’ensemble des ressources du foyer par son nombre de parts, si bien que le plafond s’adapte à la taille de la famille. Les ressources prises en compte proviennent d’un salaire, d’un traitement ou d’une activité indépendante. Par ailleurs, les personnes redevables de l’impôt sur la fortune immobilière au titre de 2024 sont écartées du dispositif. Enfin, seuls les demandeurs nés avant le 1er janvier 2009 peuvent déposer un dossier, ce qui revient à réserver la mesure aux personnes majeures ou proches de l’être.
Le cœur du dispositif repose sur la notion de grands rouleurs. Concrètement, deux profils ouvrent droit à l’aide. D’un côté, les personnes dont le trajet domicile-travail atteint au moins quinze kilomètres dans un sens, soit trente kilomètres aller-retour chaque jour. De l’autre, celles qui parcourent au minimum huit mille kilomètres par an dans le cadre de leur activité professionnelle. Le demandeur certifie lui-même remplir ce critère au moment de la demande, et il lui revient donc de bien vérifier sa situation avant de se lancer.
Le véhicule doit également répondre à plusieurs exigences. Il s’agit d’un engin à deux, trois ou quatre roues, à motorisation thermique ou hybride non rechargeable, assuré au jour de la demande et exempt de tout statut de véhicule endommagé. En revanche, les modèles électriques, à hydrogène, les quadricycles lourds, les engins agricoles et les poids lourds n’entrent pas dans le champ de la mesure, pas plus que les véhicules de fonction. Il n’est toutefois pas nécessaire d’être propriétaire, une location de longue durée ou un véhicule de société pouvant tout à fait convenir.
La démarche s’effectue entièrement en ligne. Le demandeur commence par tester son éligibilité grâce au simulateur mis en place sur impots.gouv.fr, qui pose une série de questions sur sa situation. Si les conditions sont réunies, un formulaire s’ouvre alors. Il faut y renseigner son état civil, son numéro fiscal, l’immatriculation du véhicule et le numéro de la carte grise. Avoir sous la main son avis d’impôt 2024 facilite nettement l’opération. Une fois le dossier validé, le versement intervient sur le compte bancaire en une dizaine de jours environ.
Quelques règles encadrent enfin ce versement. L’aide ne peut être accordée qu’une seule fois par personne et une seule fois par véhicule. De plus, les justificatifs doivent être conservés pendant cinq ans, l’administration se réservant la possibilité d’un contrôle a posteriori. En cas de difficulté, une assistance téléphonique gratuite, joignable au 0806 000 229 du lundi au vendredi de 8 h 30 à 19 heures, accompagne les demandeurs dans leurs démarches. Avec ce report au 31 août, l’exécutif cherche surtout à éviter que des actifs éligibles ne laissent passer une aide à laquelle ils ont droit, faute d’avoir bouclé leur demande à temps.

