En ce début d’août 2026, le risque de feux de forêt reste très élevé dans les Bouches-du-Rhône. Les massifs asséchés par la chaleur et balayés par le mistral s’enflamment à la moindre imprudence. Les étés se suivent et confirment cette fragilité, saison après saison. Face à ce danger, le Département poursuit ses actions de prévention au plus près des habitants comme des visiteurs. Du 31 juillet au 2 août, ses équipes ont ainsi mené plusieurs opérations de sensibilisation à La Ciotat, à Marseille, à Cassis et à Istres. L’objectif tenait en une idée simple. Rappeler à chacun les gestes qui évitent un départ de feu.
Sur les ports, les plages et les lieux de promenade, un cyclo-bike du Département est allé à la rencontre du public. Ce format léger et mobile permet d’aller au contact là où les vacanciers se rassemblent, sans les interrompre longtemps. Les agents ont distribué des cendriers de poche et rappelé les bons réflexes à adopter. Concrètement, ce petit étui permet de garder son mégot sur soi plutôt que de le jeter au sol. Le geste paraît anodin, pourtant il change tout. En période de sécheresse, une cigarette mal éteinte ou une simple étincelle suffit parfois à déclencher un incendie aux conséquences dramatiques.
En effet, la grande majorité des feux qui ravagent la région naît d’un comportement humain, le plus souvent involontaire. Un mégot lancé depuis une voiture, un barbecue mal maîtrisé ou des travaux près de la végétation figurent parmi les causes les plus fréquentes. Une fois au sol, un mégot peut couver plusieurs minutes avant d’embraser l’herbe sèche qui l’entoure. Dans une garrigue desséchée, les flammes progressent alors très vite. C’est pourquoi la prévention se joue d’abord dans les gestes du quotidien, bien avant l’intervention des secours. Chaque mégot correctement éteint et conservé devient un départ de feu potentiel évité.
Dans les Bouches-du-Rhône, l’accès aux massifs forestiers est d’ailleurs encadré chaque été selon le niveau de risque. Quand le danger devient extrême, certaines zones ferment tout simplement au public. Cette régulation limite la présence humaine aux heures les plus sensibles. Chaque matin, une carte départementale indique le niveau de danger, massif par massif, et les conditions d’accès autorisées. Les promeneurs peuvent ainsi vérifier la situation avant de partir en randonnée. Cette précaution rappelle que la forêt méditerranéenne reste un milieu fragile, précieux et très inflammable.
Sur le terrain, l’initiative a séduit les Provençaux rencontrés. Olivier, commandant aux Bateliers Cassidains, s’est réjoui de pouvoir distribuer ces cendriers à ses passagers, qui oublient souvent les leurs. De son côté, Julie, habitante de Cassis, a salué une très belle démarche du Département et rappelé que les incendies partent trop souvent d’un mégot négligé. Ces réactions traduisent une prise de conscience partagée le long du littoral.
Pour Martine Vassal, présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, la prévention demeure la meilleure arme face au feu. Elle souhaite, à travers cette action, que chacun porte ensemble un message de responsabilité collective. Ainsi, la collectivité mise autant sur la vigilance individuelle que sur les moyens de lutte. Car aucun dispositif de secours ne remplace l’attention de chaque promeneur.
Cette mobilisation ne se limite pas à l’été. Tout au long de l’année, le Département accompagne les sapeurs-pompiers, les forestiers sapeurs et les communes engagés dans la protection des espaces naturels. Cette force de terrain, financée par la collectivité, compte parmi les dispositifs pionniers de ce type en France. Les forestiers sapeurs entretiennent les pistes, surveillent les massifs et débroussaillent les zones sensibles pour freiner la propagation des flammes. De plus, la collectivité soutient les campagnes de sensibilisation et les travaux d’aménagement qui sécurisent les abords des forêts. Cet engagement continu prépare le terrain bien avant les premières chaleurs.
Face au risque incendie, chaque habitant dispose donc d’un vrai pouvoir d’action. Respecter l’interdiction de fumer dans les massifs, éviter tout feu à proximité de la végétation et conserver ses mégots sont des réflexes à la portée de tous. En adoptant ces habitudes simples, les Provençaux protègent les paysages, la biodiversité et la sécurité de chacun. En ce cœur d’été, ce message de responsabilité partagée n’a jamais autant compté.

