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Le musée Bourdelle lance un appel aux dons

Par Marie Aschehoug-Clauteaux
Publié le 5 août 2026 à 19h22 – Temps de lecture : 4 minutes

À Égreville, à l’extrémité sud de la Seine-et-Marne, le musée-jardin Bourdelle a lancé fin juillet un appel aux dons pour financer la restauration de ses sculptures monumentales. Propriété du Département et ouvert au public depuis 2005, ce lieu singulier conserve cinquante-huit bronzes signés Antoine Bourdelle, figure majeure de la sculpture moderne née en 1861 et morte en 1929, ancien collaborateur d’Auguste Rodin. Les œuvres sont présentées en plein air, disséminées dans un parc fleuri protégé au titre des monuments historiques et labellisé « Jardin remarquable », un cadre qui fait toute l’originalité du site.
La campagne de financement participatif, ouverte jusqu’au 31 octobre, doit permettre de réunir 15 000 euros. Cette somme correspond à la première phase d’un chantier plus vaste, dont le coût global est estimé par le Département à 158 920 euros. Six œuvres sont concernées par cette étape initiale, avant que la restauration ne se poursuive, à terme, sur un ensemble plus large. Les particuliers comme les entreprises sont invités à contribuer : le don ouvre droit à une réduction fiscale de 66 % du montant versé, ainsi qu’à des contreparties qui varient selon le niveau d’engagement. Les travaux proprement dits sont, eux, programmés pour 2027.
L’exposition permanente en extérieur fait le charme du lieu, mais elle a un revers. Soumis sans relâche à la pluie, au gel et aux écarts de température, les bronzes voient leur surface s’altérer au fil des saisons. Pour les remettre en état sans les abîmer, le musée et le Département ont retenu un nettoyage par voie cryogénique. Présenté comme innovant et respectueux, ce procédé non abrasif limite les déchets produits et préserve l’intégrité du métal, là où des méthodes plus agressives risqueraient d’entamer la matière et la patine des œuvres. La même technique sera appliquée, phase après phase, à l’ensemble de la collection.
Le musée est installé au hameau du Coudray, rue Dufet-Bourdelle, dans une propriété liée à la famille du sculpteur. Disparu en 1929, Antoine Bourdelle a durablement marqué l’art du premier XXe siècle, des grands monuments publics aux figures mythologiques et allégoriques. À Égreville, ses œuvres se découvrent grandeur nature au fil des allées, une présentation à ciel ouvert qui tranche avec l’atmosphère feutrée des salles de musée et rapproche le visiteur du travail du créateur. Le jardin, dessiné pour mettre en valeur les statues, se visite comme un parcours à part entière.
Le Département, qui gère plusieurs sites patrimoniaux sur son territoire, met en avant le caractère unique de cet ensemble consacré au sculpteur. La collection réunie à Égreville permet de suivre le parcours d’un artiste passé de l’atelier de Rodin à un langage personnel, fait de puissance et de dépouillement. En sollicitant le mécénat, la collectivité entend associer habitants et entreprises à la préservation d’un patrimoine fragile, alors que l’entretien d’œuvres exposées en continu aux intempéries suppose des interventions régulières et coûteuses, difficiles à assumer sur les seuls crédits publics. La collectivité mise donc sur la générosité du public pour compléter son propre financement.
Le musée-jardin accueille le public du 12 avril au 30 octobre, ce qui place l’été au cœur de sa saison. Des animations, des ateliers et des visites y sont proposés tout au long de l’année, pour tous les âges, du modelage de l’argile aux rendez-vous de plein air. La période estivale, propice à la promenade dans le parc, reste l’un des moments les plus favorables pour découvrir les bronzes dans leur écrin de verdure, avant la fermeture annuelle de la fin octobre. Situé au 1, rue Dufet-Bourdelle, au hameau du Coudray, le musée se rejoint depuis Nemours et l’axe de Montargis.
En contribuant avant le 31 octobre, donateurs et mécènes prendront part à la sauvegarde d’un site que le Département présente comme un élément fort de son patrimoine culturel. L’objectif de 15 000 euros ne couvre qu’une première étape, mais il conditionne le lancement d’un chantier appelé à s’étaler sur plusieurs années. À quelques mois de la première intervention, prévue en 2027, l’appel s’adresse aussi bien aux visiteurs fidèles du musée qu’aux entreprises du territoire soucieuses de soutenir la restauration des œuvres.