L’Insee a publié ce vendredi 30 octobre sa première estimation de la croissance pour le troisième trimestre 2026. Le produit intérieur brut, mesuré en volume, recule de 0,1 % entre juillet et septembre. Il faisait déjà du surplace au deuxième trimestre, avec une évolution nulle. Le recul reste modeste, mais il prolonge une séquence peu dynamique. D’après les séries de l’institut, l’activité se situe désormais légèrement en dessous de son niveau du troisième trimestre 2025.
Ce chiffre cache pourtant des mouvements contrastés. En effet, la demande intérieure continue de soutenir l’économie. La consommation des ménages accélère, à +0,4 % après +0,2 %. Les dépenses des administrations publiques progressent elles aussi de 0,3 %. À l’inverse, l’investissement recule pour un nouveau trimestre, de 0,6 %. Au total, la demande intérieure hors stocks apporte une contribution positive de 0,1 point à la croissance, comme au printemps.
Le principal frein vient du commerce extérieur. Sa contribution devient négative, à -0,6 point, alors qu’elle était positive au trimestre précédent. Les exportations se replient de 1,7 % après un bond de 2,8 %. L’aéronautique explique une grande partie de ce retournement. Les ventes de matériels de transport chutent ainsi de 9,1 %, après une envolée de 20,8 % au printemps. Les exportations agricoles reculent de 7 % et celles de l’agroalimentaire baissent encore. Par ailleurs, les ventes de biens d’équipement fléchissent pour la première fois depuis sept trimestres. Dans le même temps, les importations restent quasiment stables.
Les stocks jouent ensuite un rôle de balancier. Leur variation ajoute 0,4 point à la croissance, après en avoir retiré 0,7 au deuxième trimestre. Ce rebond tient surtout aux produits aéronautiques, après un fort déstockage au printemps. Concrètement, des appareils produits mais non encore livrés restent comptabilisés dans les entrepôts des industriels.
Du côté de la production, l’industrie manufacturière marque le pas. Elle recule de 1,4 % après une stabilité. L’automobile baisse pour le quatrième trimestre consécutif, et l’aéronautique chute de 4,5 %. L’agroalimentaire souffre également des faibles récoltes de l’été. De plus, la chimie et les machines reculent nettement. L’énergie n’est pas épargnée. Les vagues de chaleur et la sécheresse de septembre ont réduit la disponibilité de certaines centrales électriques. La construction poursuit quant à elle son repli, à -0,4 %.
Les services marchands tiennent mieux. Leur production progresse de 0,3 %, portée par l’information et la communication, les services aux ménages et les transports. Cependant, les activités juridiques et comptables ralentissent. Elles subissent la baisse du nombre de transactions immobilières dans l’ancien.
La consommation des ménages constitue le principal motif de satisfaction de ce trimestre. Les achats de biens progressent de 0,4 %. Les dépenses en matériels de transport augmentent de 3,1 %, tirées notamment par les voitures électriques. La consommation d’énergie rebondit de 1,2 %, sous l’effet d’une hausse des dépenses d’électricité. L’alimentation reste stable. En revanche, les achats de biens d’équipement reculent de 2 %. Les services suivent la même pente, avec une accélération dans l’hôtellerie et la restauration ainsi que dans les loisirs.
L’investissement, lui, continue de se contracter. Celui des entreprises dans la construction baisse encore, dans le bâtiment comme dans les travaux publics. Les achats de matériels de transport s’effondrent de 7 %. Ce repli s’explique en partie par un effet de comparaison, après la livraison d’un voilier de croisière au trimestre précédent, mais aussi par une baisse du renouvellement des flottes d’entreprises. À l’inverse, l’investissement en informatique et en services numériques repart à la hausse.
Le contexte reste tendu pour le pouvoir d’achat. Au deuxième trimestre, celui des ménages avait reculé de 0,5 %, et le taux d’épargne s’établissait à 17,4 %. L’Insee n’a pas encore publié ces indicateurs pour l’été. Dans le même temps, l’inflation estimée atteint 3,4 % sur un an en octobre. Le taux de marge des sociétés non financières s’était, lui, replié à 31,6 % au printemps.
L’institut n’a pas révisé la croissance du deuxième trimestre. Il a seulement revu à la baisse la contribution de la demande intérieure. Les résultats détaillés du troisième trimestre paraîtront le vendredi 27 novembre. Ils préciseront notamment l’évolution des revenus des ménages et des marges des entreprises. La première estimation du quatrième trimestre est attendue le 29 janvier 2027. Pour les ménages comme pour les entreprises, l’enjeu des prochains mois sera de savoir si la consommation pourra continuer de compenser, à elle seule, la faiblesse de l’industrie et de l’investissement.

