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Le plan de désimperméabilisation des cours d’école s’étend dans la Métropole

Par Anais Malise
Publié le 15 juillet 2026 à 08h39 – Temps de lecture : 4 minutes

Face à des étés de plus en plus chauds, la Métropole Aix-Marseille-Provence transforme peu à peu les cours de ses écoles. En ce début d’été 2026, elle dresse un bilan encourageant de son plan de désimperméabilisation. Ce programme vise à remplacer le bitume par des sols vivants et végétalisés. À ce jour, 42 communes y participent et 60 écoles en bénéficient déjà. L’initiative monte en puissance et s’installe durablement sur le territoire.

Pour comprendre l’enjeu, il faut regarder le sol de nos villes. Depuis des décennies, l’espace urbain s’est couvert de surfaces imperméables. Le béton et l’enrobé empêchent l’eau de pénétrer dans la terre. Or ce phénomène aggrave deux problèmes bien connus des habitants. D’une part, il accentue les îlots de chaleur, ces zones où la température grimpe fortement. D’autre part, il augmente les risques d’inondation lors des fortes pluies, faute de sols capables d’absorber l’eau. Désimperméabiliser consiste précisément à ouvrir de nouveau ces sols pour leur rendre leur capacité à respirer et à absorber la pluie.

Dans ce contexte, les cours d’école apparaissent comme un terrain d’action idéal. Chacune couvre en moyenne 2 000 m² de surfaces bitumées. Ces vastes espaces emmagasinent la chaleur et la renvoient toute la journée. En les repensant, la collectivité agit donc directement sur le confort des enfants. De plus, l’échelle du territoire donne toute sa portée à la démarche. La Métropole compte en effet 1 048 écoles maternelles et primaires, ce qui ouvre un immense champ de transformation.

L’école élémentaire Jacques Prévert, à Lambesc, offre un bon exemple de ce que le plan permet. Sa cour a été entièrement repensée autour de trois éléments, l’eau, le sol et la végétation. Les concepteurs y ont introduit différentes strates végétales, des arbres aux plantes basses. Cette diversité crée de l’ombre et rafraîchit naturellement l’air. Un espace baptisé fraîcheur permet même aux enseignants d’y faire classe en plein air. Ainsi, la cour devient un lieu d’apprentissage autant qu’un espace de jeu.

La gestion de l’eau tient également une place centrale dans ce réaménagement. Les capacités d’infiltration de la cour ont été renforcées pour mieux absorber la pluie. Concrètement, l’eau ne ruisselle plus vers les réseaux, elle rejoint le sol et nourrit les plantations. De cette manière, l’école participe à la lutte contre les inondations à son échelle. Elle contribue aussi à recharger les nappes, une ressource précieuse en période de sécheresse.

Ces réalisations ne se font pas seules. Le programme s’appuie sur une collaboration étroite avec le CAUE 13, le conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement des Bouches-du-Rhône. Cet organisme public accompagne les communes dans leurs projets d’aménagement et de qualité paysagère. Il apporte un conseil neutre et une expertise technique tout au long de la démarche. Son intervention garantit des transformations cohérentes et adaptées à chaque site.

La méthode retenue mise par ailleurs sur la concertation. Dès la phase de diagnostic, le projet associe de nombreux acteurs. Les élus, les équipes pédagogiques et les services techniques travaillent ensemble. Les paysagistes, les parents et même les enfants participent aux réflexions. Cette implication collective assure des cours mieux pensées pour leurs usagers. Elle sensibilise aussi les plus jeunes aux enjeux du climat et de la nature en ville.

Pour lever les freins, la Métropole a choisi de soutenir financièrement les communes volontaires. Elle finance ainsi l’intégralité des études préalables aux travaux. De plus, elle propose un appui technique pour monter les dossiers de subvention. Ce travail s’effectue en partenariat avec l’Agence de l’eau et les collectivités régionales. Grâce à cet accompagnement, même les petites communes peuvent se lancer sans se retrouver seules face à la complexité.

Au fil des chantiers, ce plan dessine une nouvelle image de l’école. Les cours grises et brûlantes cèdent la place à des espaces plus frais et plus vivants. Pour les enfants, le changement se ressent chaque jour, dès les premières chaleurs. Pour le territoire, il s’agit d’un investissement durable face au dérèglement climatique. Petit à petit, la ville de demain se prépare dans la cour de récréation.

Crédit photo : Métropole Aix-Marseille-Provence