Depuis le 15 juin dernier, les habitants des Bouches-du-Rhône peuvent donner leur avis sur l’un des projets d’infrastructure les plus attendus de l’ouest du département. La DREAL Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui pilote la maîtrise d’ouvrage, a ouvert une nouvelle phase de concertation sur la liaison Fos-Salon. Cette liaison routière, longuement débattue, entre dans une étape décisive. La concertation se poursuit jusqu’au mercredi 15 juillet 2026. Cette séquence prolonge un dialogue déjà engagé de longue date avec les acteurs du territoire, des riverains aux agriculteurs, en passant par les collectivités et les gestionnaires d’espaces naturels.
La liaison Fos-Salon consiste à aménager environ vingt-cinq kilomètres de la RN569, l’axe qui relie aujourd’hui Fos-sur-Mer à Salon-de-Provence. Cet itinéraire traverse cinq communes, à savoir Fos-sur-Mer, Istres, Miramas, Grans et Salon-de-Provence. Pour tenir compte de réalités très différentes le long du parcours, il a été découpé du nord au sud en trois sections aux enjeux propres. La section Nord court de l’échangeur avec l’A54 jusqu’au giratoire de Toupiguières, à Grans. La section Centre relie ce même point au demi-échangeur de Rassuen, à Istres. La section Sud descend enfin de Rassuen jusqu’au giratoire de la Fossette, à Fos-sur-Mer.
Cette concertation ne rouvre pas le débat sur l’opportunité de l’aménagement, mais porte sur deux questions désormais décisives. La première concerne le choix des variantes préférentielles de tracé sur chacune des trois sections. La seconde touche aux modalités de financement envisagées pour réaliser l’infrastructure. En d’autres termes, il ne s’agit plus de savoir s’il faut agir, mais comment et par quels moyens. C’est pourquoi l’avis des usagers et des riverains pèse particulièrement à ce stade, alors que plusieurs options techniques restent encore ouvertes.
Pour comprendre l’importance de ce chantier, il faut regarder le dynamisme économique du pourtour de l’étang de Berre. La zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer, la plateforme logistique Clésud à Miramas ou encore le pôle aéronautique et logistique d’Istres génèrent un trafic considérable, notamment de poids lourds. Or la RN569 actuelle peine à absorber ces flux, ce qui allonge les temps de parcours et fait circuler de nombreux camions au plus près des habitations. L’aménagement projeté vise donc à fluidifier durablement la circulation sur l’ensemble de la liaison Fos-Salon. Selon les études conduites, il permettrait un gain de temps de l’ordre de 13 % pour l’ensemble des déplacements.
Les scénarios à l’étude retiennent principalement une route de type voie express à deux fois deux voies, autorisant une vitesse de 110 kilomètres par heure, abaissée aux abords des zones urbaines. Une variante moins routière prévoit deux fois une voie avec des chaussées séparées. Au-delà de la voiture et du camion, l’axe a par ailleurs vocation à accueillir une desserte renforcée en cars à haut niveau de service et à se connecter au réseau de bus développé par la Métropole. L’objectif dépasse ainsi le simple ajout de bitume, puisqu’il s’agit aussi d’offrir une alternative crédible au tout-voiture entre les communes concernées.
Plusieurs rendez-vous rythment cette phase de participation. Une réunion publique de présentation et d’échanges se tient ce lundi 22 juin, à 18h30, à la salle Colomb de Miramas. Trois ateliers de travail thématiques suivront, chacun consacré à une section. L’atelier de la section Centre est programmé le mercredi 1er juillet à Istres, à la salle La Grange d’Entressen. Celui de la section Nord aura lieu le mardi 7 juillet à la salle des fêtes de Grans. Enfin, l’atelier de la section Sud se tiendra le mercredi 8 juillet à la Maison de la Mer de Fos-sur-Mer. Les dates de ces ateliers restant susceptibles d’évoluer, il est conseillé de les vérifier avant de se déplacer.
Ceux qui ne pourront assister à ces réunions disposent de plusieurs moyens pour s’exprimer. Un registre numérique recueille les contributions, avis et questions pendant toute la durée de la concertation, sur la plateforme dédiée consacrée au projet. Un registre papier est également mis à disposition à la Direction de l’urbanisme, en mairie de Salon-de-Provence. Des permanences du maître d’ouvrage complètent le dispositif pour répondre aux questions individuelles, selon un calendrier publié en ligne.
À l’issue de cette période, un bilan sera dressé puis rendu public. Il éclairera les décisions de la DREAL pour la suite du projet, dans la perspective de la future enquête préalable à la déclaration d’utilité publique. Cette étape marquera un tournant, car elle conditionnera l’engagement concret des travaux. D’ici là, le mois qui s’ouvre offre aux habitants de Fos-sur-Mer, d’Istres, de Miramas, de Grans et de Salon-de-Provence une occasion rare de peser sur le visage qu’aura, demain, un axe emprunté chaque jour.

