La Communauté d’agglomération Sud Sainte Baume a remis en avant, ce mardi 4 août 2026, son service de covoiturage du quotidien, un dispositif pensé pour les trajets domicile-travail et accessible via l’application mobile Karos. En cette période estivale où les routes du littoral varois sont particulièrement chargées, la collectivité rappelle aux habitants de ses neuf communes, de Bandol à Signes en passant par Saint-Cyr-sur-Mer, Sanary-sur-Mer, Le Beausset, La Cadière-d’Azur, Le Castellet, Évenos et Riboux, qu’une solution simple et économique existe pour partager la voiture au quotidien.
Le principe repose sur une mise en relation automatisée entre conducteurs et passagers effectuant des trajets similaires. Après avoir renseigné son adresse, son lieu de travail et ses horaires dans l’application, chaque utilisateur se voit proposer des partenaires de route qui suivent le même itinéraire sur le territoire de l’agglomération et ses alentours. Cette approche distingue le covoiturage du quotidien de son cousin longue distance, popularisé par les grandes plateformes nationales. Ici, il ne s’agit pas de rejoindre une autre région le temps d’un week-end, mais de partager, jour après jour, les quelques dizaines de kilomètres qui séparent le domicile du lieu de travail.
L’argument financier constitue le cœur du dispositif. Sur les vingt premiers kilomètres, le conducteur perçoit deux euros par passager transporté et par trajet, tandis que le passager ne débourse que cinquante centimes. La différence, soit un euro cinquante par trajet, est prise en charge par l’agglomération, qui subventionne ainsi directement chaque covoiturage réalisé sur son territoire. Au-delà de vingt kilomètres, chaque kilomètre supplémentaire est facturé dix centimes. Pour un salarié qui covoiture matin et soir tout au long de l’année, l’économie devient vite substantielle, qu’il soit conducteur, en compensant une partie de ses frais de carburant et d’entretien, ou passager, en se déplaçant pour une somme dérisoire.
L’enjeu dépasse toutefois le seul portefeuille des habitants. Sur le territoire de Sud Sainte Baume, le secteur routier représente 70 % des émissions de dioxyde de carbone, et 40 % des déplacements domicile-travail s’effectuent vers les territoires voisins, notamment les bassins d’emploi toulonnais et marseillais. Chaque voiture partagée retire donc un véhicule de la circulation aux heures de pointe, avec un double bénéfice, moins d’embouteillages sur des axes déjà saturés et moins de gaz à effet de serre rejetés dans l’atmosphère. C’est pourquoi la collectivité a fait du covoiturage l’un des leviers de sa politique de mobilité, aux côtés des transports en commun et des aménagements dédiés, à l’image de l’aire de covoiturage réalisée dans le secteur du Plan du Castellet et de La Cadière-d’Azur.
Le dispositif comporte par ailleurs un volet destiné aux entreprises du territoire. Celles qui souhaitent encourager leurs salariés à covoiturer peuvent leur offrir six mois d’utilisation du service, en se rapprochant de l’opérateur à l’adresse employeurs@karos.fr. Pour les employeurs, l’intérêt est concret. Faciliter l’accès aux zones d’activité, comme le parc du plateau de Signes, élargit le bassin de recrutement et réduit la pression sur les parkings d’entreprise, souvent dimensionnés au plus juste.
Reste la crainte, bien connue des covoitureurs, du retour compromis lorsqu’un conducteur annule au dernier moment. Le service y répond par une garantie disponible en continu. Si un covoiturage prévu échoue, un VTC ou un taxi est envoyé au covoitureur, au prix du trajet initialement réservé, dans la limite de soixante-dix kilomètres. Cette assurance lève l’un des principaux freins psychologiques à l’abandon de la voiture individuelle, la peur de rester bloqué loin de chez soi. Concrètement, il suffit de télécharger l’application Karos sur son téléphone pour créer son profil et recevoir ses premières propositions de trajets partagés.
Avec ce service, Sud Sainte Baume s’inscrit dans un mouvement de fond qui voit les intercommunalités prendre la main sur la mobilité du quotidien, un domaine longtemps réservé aux grandes métropoles. Pour les habitants d’un territoire où la voiture reste souvent indispensable, entre villages perchés, zones d’activité excentrées et littoral touristique, le covoiturage subventionné offre une alternative immédiate, sans attendre de nouvelles infrastructures. À la clé, des trajets moins coûteux, des routes moins encombrées et un air un peu plus respirable pour l’ensemble du bassin sud sainte-baumois.

