L’été 2026 a durement éprouvé le monde agricole varois. Incendies, sécheresse persistante et canicules à répétition ont fragilisé de nombreuses exploitations du département, dont certaines ont vu leurs récoltes, leurs équipements ou leurs surfaces de production sérieusement endommagés. Pour les aider à repartir, l’État déploie dans le Var un fonds de réarmement agricole, dont le guichet est ouvert depuis ce jeudi 17 septembre et jusqu’au vendredi 9 octobre 2026 inclus. La préfecture du Var en a précisé les contours en ce mois de septembre, avec un objectif clair, soutenir la trésorerie des exploitations les plus touchées afin de relancer la production sans attendre.
Ce dispositif s’inscrit dans un cadre national d’ampleur. Le ministère chargé de l’agriculture porte un plan dit CASI, pour climat, adaptation, sécheresse et incendies, doté de plus d’un milliard d’euros. Ce plan vise à répondre aux conséquences économiques des aléas climatiques de l’été sur les fermes françaises, en soutenant les trésoreries mises à mal par la perte de récoltes ou la destruction d’outils de travail. Le fonds de réarmement agricole en constitue l’une des mesures phares, pensée pour les exploitations en grande fragilité économique à la suite des dégâts liés au feu, à la sécheresse ou aux fortes chaleurs successives.
Dans le Var, où la vigne, l’horticulture, le maraîchage et l’élevage cohabitent avec des massifs forestiers particulièrement exposés au risque incendie, la déclinaison départementale du dispositif a fait l’objet d’une large concertation. La Chambre d’agriculture, les quatre syndicats agricoles représentatifs, les représentants du secteur bancaire, la Mutualité sociale agricole, les organismes comptables, le Conseil régional, le Conseil départemental et les services de l’État, dont la direction départementale des territoires et de la mer, ont été associés à sa construction. Cette méthode partenariale doit garantir que l’aide atteigne réellement les exploitations qui en ont le plus besoin, en s’appuyant sur la connaissance fine du terrain de chacun de ces acteurs.
Le champ des bénéficiaires a été défini avec précision. Sont éligibles les exploitants agricoles à titre principal, ainsi que les structures sociétaires comme les EARL et les GAEC, à condition qu’au moins un associé exploitant à titre principal détienne, directement ou indirectement, la moitié du capital. Les agriculteurs à titre secondaire et les cotisants solidaires affiliés à l’assurance contre les accidents du travail des exploitants, l’ATEXA, sont eux aussi invités à déposer un dossier, qui sera examiné au cas par cas en comité technique. Les exploitations en liquidation judiciaire restent en revanche exclues du dispositif, tandis que celles placées en redressement doivent disposer d’un plan arrêté par le tribunal pour candidater.
Le montant de l’aide obéit au cadre européen des aides dites de minimis, qui plafonne à cinquante mille euros par exploitation l’ensemble des soutiens publics perçus à ce titre sur une période glissante de trois ans. Ce mécanisme, conçu pour éviter les distorsions de concurrence entre agriculteurs européens, n’empêche pas le fonds de réarmement agricole de représenter une bouffée d’oxygène décisive pour des trésoreries exsangues, au moment où il faut racheter du matériel, replanter ou simplement passer l’hiver.
La démarche se veut simple et entièrement dématérialisée. Les agriculteurs concernés déposent leur dossier sur la plateforme Démarche Numérique, où le formulaire dédié au Var est accessible pendant toute la durée d’ouverture du guichet. Pour toute question, le bureau du développement rural de la direction départementale des territoires et de la mer du Var répond à l’adresse ddtm-calamite@var.gouv.fr. Compte tenu du délai resserré, les exploitants ont intérêt à préparer sans tarder les pièces attestant de leur situation et des dommages subis.
Derrière la mécanique administrative, c’est la capacité du département à conserver une agriculture vivante qui se joue. Chaque exploitation qui redémarre, ce sont des emplois maintenus dans les villages, des paysages entretenus qui freinent la progression des incendies et des circuits courts préservés pour les habitants. En accompagnant la reprise d’activité des fermes sinistrées, l’État et ses partenaires investissent autant dans l’économie varoise que dans la résilience d’un territoire que le climat méditerranéen met chaque été à l’épreuve.

