Ce jeudi 31 juillet 2026, le Département des Bouches-du-Rhône a tenu à saluer l’engagement de ses sapeurs-pompiers. En cet été marqué par une intensité de feux exceptionnelle, 230 hommes et femmes du SDIS 13, le service départemental d’incendie et de secours, sont mobilisés sur de nombreux fronts, en France comme à l’étranger. Cette projection de forces bien au-delà du seul territoire des Bouches-du-Rhône illustre une solidarité opérationnelle qui structure la lutte contre les incendies à l’échelle nationale et même européenne.
Le premier engagement, par son ampleur, se situe en Gironde. Là-bas, 92 pompiers venus du 13 prêtent main-forte face au feu de Saumos. Ce sinistre a déjà parcouru près de 42 000 hectares et contraint plus de 220 000 personnes à quitter leur domicile. Ces chiffres disent à eux seuls la violence d’un incendie qui a mobilisé des renforts de tout le pays. Concrètement, les équipes du 13 y assurent des missions d’extinction et de protection des habitations, souvent au plus près des lisières où le feu menace directement les zones habitées.
Plus près de nous, dans le Var voisin, l’effort est encore plus important. Ce sont 121 sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône qui interviennent sur les communes de Pontévès, Correns et Brignoles. Le feu dit du Gros Bessillon y a ravagé près de 4 700 hectares de végétation. Pour appuyer les équipes au sol, l’avion de surveillance HORUS 13 survole la zone. Cet appareil joue un rôle déterminant. En effet, il permet de détecter très tôt les départs de feu et de suivre en temps réel la progression des flammes, ce qui aide les chefs de secteur à placer leurs moyens au bon endroit.
L’engagement des équipes départementales ne s’arrête pas là. Dans les Pyrénées-Orientales, huit membres de l’unité d’intervention héliportée combattent un feu de montagne qui dépasse 65 hectares sur la commune de Thuès-Entre-Valls. Ce type de terrain, escarpé et difficile d’accès, rend l’intervention particulièrement délicate. Les moyens héliportés y deviennent alors indispensables, car ils permettent d’atteindre des foyers qu’aucun véhicule ne pourrait rejoindre.
Dans les Hautes-Alpes, la contribution du 13 prend une autre forme. Un module de deux opérateurs de drone appuie les services d’incendie locaux dans leurs missions de reconnaissance. Ce recours aux aéronefs télépilotés traduit une évolution profonde des méthodes de lutte. Désormais, la cartographie aérienne et l’observation à distance complètent le travail des soldats du feu et sécurisent leurs manœuvres. Ainsi, chaque décision s’appuie sur une vision précise du terrain.
Enfin, la solidarité dépasse les frontières nationales. En Sardaigne, six pompiers des Bouches-du-Rhône poursuivent leurs opérations dans le cadre du mécanisme européen de protection civile. Ce dispositif permet aux États membres de mutualiser leurs moyens lorsqu’une catastrophe dépasse les capacités d’un seul pays. La présence de renforts français en Italie rappelle que le risque incendie ne connaît pas de frontière et que la réponse doit se penser à l’échelle du continent.
Cette dispersion des moyens sur cinq fronts distincts témoigne d’une réalité nouvelle. Les étés méditerranéens deviennent plus chauds et plus secs, et la saison des feux s’allonge d’année en année. Dès lors, les services de secours doivent composer avec des sinistres simultanés, parfois très éloignés les uns des autres. Le SDIS 13 fait partie des services les mieux dotés de France, ce qui explique qu’il soit régulièrement appelé en renfort hors de son département. Cette capacité repose sur des équipements modernes, des moyens aériens propres et une longue expérience du risque méditerranéen.
Par ailleurs, cet engagement a un coût humain que le Département a tenu à reconnaître. Partir plusieurs jours loin de chez soi, affronter la chaleur et la fatigue, prendre des risques pour protéger des vies et des paysages, tout cela demande un dévouement rare. C’est pourquoi la collectivité a exprimé son soutien indéfectible à ces femmes et ces hommes qui protègent les habitants et le patrimoine naturel, ici comme ailleurs.
Au fond, cette mobilisation estivale rappelle une évidence souvent oubliée. Derrière chaque feu maîtrisé, il y a des équipes qui veillent, s’entraînent et se tiennent prêtes toute l’année. Pour les habitants des Bouches-du-Rhône, savoir que leurs pompiers comptent parmi les plus sollicités du pays est à la fois une fierté et une garantie. En cet été 2026 particulièrement éprouvant, leur engagement dessine le visage concret de la sécurité civile, celui d’une solidarité qui ne s’arrête ni aux limites du département ni à celles du pays.

