En cette fin de juillet 2026, Arles a accueilli une étape peu ordinaire de la coupe d’Europe de mulet. Ce vendredi 31 juillet, le Bistroquette, établissement installé au 21 rue du Pont, a servi de cadre à un concours de coiffure entièrement dédié à la fameuse nuque longue. L’événement, à la fois festif et décalé, a rassemblé curieux, participants et supporters dans une ambiance bon enfant. Loin des compétitions guindées, cette soirée a misé sur l’humour et l’autodérision.
Le principe du concours tient en quelques mots. Les candidats se sont présentés avec leur plus belle coupe mulet, cette coiffure reconnaissable entre toutes, courte sur le dessus et longue sur la nuque. Un jury a ensuite évalué chaque prestation sur l’apparence et le style. La soirée s’est organisée en deux temps. Les enfants ont d’abord ouvert le bal à 21 heures, avant que les adultes ne prennent le relais une heure plus tard, à 22 heures. Pour ceux qui souhaitaient tenter l’aventure à la dernière minute, un coiffeur se tenait même à disposition sur place. La participation, elle, était entièrement gratuite, ce qui a permis à chacun de se lancer sans hésiter.
Cette étape arlésienne n’était pas un simple rendez-vous local. Elle servait en effet d’épreuve qualificative pour l’Euro mulet, la grande compétition qui fédère les amateurs du genre à l’échelle européenne. Autrement dit, les meilleurs participants pouvaient décrocher leur billet pour la finale. Ce statut de qualification a donné à la soirée un enjeu inattendu, tout en conservant son esprit léger. Car derrière la plaisanterie, l’organisation soigne le sérieux du classement.
L’événement doit beaucoup à Guillaume Hays, son créateur et superviseur. C’est lui qui orchestre ces rendez-vous et veille à leur bon déroulement. Sous son impulsion, le concept a peu à peu gagné en notoriété et attiré un public de plus en plus large. La précédente édition avait ainsi réuni près de 1500 personnes, un chiffre qui en dit long sur l’engouement suscité par ce phénomène. Ce qui n’était au départ qu’une blague entre passionnés est devenu un véritable rendez-vous populaire.
Parmi les figures attendues à Arles, Damien Monteux a fait le déplacement, entouré de ses supporters arlésiens. Sa présence a ajouté une touche locale à la compétition et rappelé que la ville compte ses propres ambassadeurs de la nuque longue. De façon générale, l’épreuve a mêlé concurrents locaux et régionaux, chacun venu défendre sa coupe avec fierté. Cette convivialité fait tout le sel de l’événement, où la performance compte moins que le plaisir de se retrouver.
Au fond, le mulet dépasse largement la simple question capillaire. Longtemps moqué et associé aux années 1980, il connaît depuis quelques années un retour en grâce, porté par une génération qui s’amuse des codes et revendique une certaine liberté. On le croise désormais sur les terrains de football comme sur les scènes de concert. C’est précisément le message que défend l’organisation. Elle invite à ne pas juger les gens sur leur apparence et à résister aux diktats de la mode. Derrière la coiffure improbable se cache donc un propos plus sérieux qu’il n’y paraît, une manière joyeuse de célébrer la différence.
Ce type de rendez-vous illustre aussi une tendance de fond. Partout en France, des événements décalés naissent autour d’objets de la culture populaire, du concours de barbe à celui de la plus belle moustache. Ils créent du lien, animent les centres-villes et offrent un moment de légèreté partagée. À Arles, ville habituée aux grands rendez-vous culturels, cette parenthèse déjantée a trouvé un public conquis, preuve que la fête sait aussi se réinventer par le rire.
L’aventure ne s’arrête pas là pour les qualifiés. Le prochain Euro mulet se tiendra les 5 et 6 septembre à Saint-Léonard-de-Noblat, en Haute-Vienne. Les meilleurs candidats repérés à Arles pourront donc y défendre leurs chances face aux finalistes venus d’autres régions. D’ici là, la nuque longue continuera sûrement d’alimenter les conversations et les sourires. En accueillant cette étape, Arles a montré une fois de plus son goût pour les rassemblements festifs, ceux qui réunissent toutes les générations autour d’un moment simple et joyeux.

