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Sécheresse : des communes en restriction

Par Marc Blanc
Publié le 25 août 2026 à 17h09 – Temps de lecture : 4 minutes

À l’approche de la rentrée, une partie de l’est du Val-de-Marne reste privée de ses usages courants de l’eau. Par un arrêté du 6 juillet 2026, la préfecture du Val-de-Marne a placé les bassins du Réveillon et du Morbras en situation de « crise », le niveau le plus élevé de l’échelle de gestion de la sécheresse. Douze communes sont concernées et demeurent soumises à des restrictions renforcées : Boissy-Saint-Léger, Bonneuil-sur-Marne, Limeil-Brévannes, Mandres-les-Roses, Marolles-en-Brie, Noiseau, Ormesson-sur-Marne, Le Plessis-Trévise, La Queue-en-Brie, Santeny, Sucy-en-Brie et Villecresnes. Ce classement traduit une dégradation de la ressource dans ce secteur de plateaux et de petites rivières. Ensemble, ces communes forment une large part de l’est du département, entre zones pavillonnaires, bois et terres encore cultivées.
La décision fait suite au franchissement du seuil de crise, constaté le 27 juin 2026. À cette date, le débit du Réveillon est passé sous la barre des 10 litres par seconde, un niveau jugé critique pour ce petit cours d’eau et pour les milieux qu’il alimente. La faiblesse des pluies et les fortes chaleurs du début de l’été ont accentué l’étiage, c’est-à-dire la baisse saisonnière du débit des rivières, au point de fragiliser la vie aquatique. Le Réveillon et le Morbras, deux affluents modestes, sont particulièrement sensibles à ces épisodes, faute d’un débit suffisant pour se régénérer. Situés sur le plateau briard, en limite de la Seine-et-Marne, ils dépendent étroitement des pluies pour maintenir leur niveau.
Le classement en crise entraîne l’arrêt des usages considérés comme secondaires. Sur le territoire concerné, il n’est plus permis de laver son véhicule en dehors des stations professionnelles équipées, ni de remplir une piscine privée. Le nettoyage des voiries et des trottoirs doit être limité au strict nécessaire, tandis que l’arrosage des espaces verts est interdit. Les jardins potagers, eux, ne peuvent plus être arrosés aux heures les plus chaudes, entre 8 heures et 20 heures. Ces règles s’imposent aussi bien aux particuliers qu’aux collectivités et aux professionnels, des adaptations spécifiques encadrant certaines activités agricoles ou économiques. Les prélèvements destinés à l’eau potable, à la santé, à la sécurité civile et à l’abreuvement des animaux demeurent, eux, préservés.
Le reste du Val-de-Marne demeure, de son côté, placé en vigilance sécheresse. Ce premier palier n’impose pas d’interdiction générale, mais invite chacun à surveiller sa consommation et à adopter des gestes d’économie. L’échelle nationale distingue quatre niveaux de gravité, de la vigilance à la crise, en passant par l’alerte et l’alerte renforcée, chacun entraînant des mesures plus strictes. Les services de l’État assurent un suivi à l’échelle des bassins versants, à partir des relevés de débit et des prévisions météorologiques. Selon l’évolution de la situation, les mesures pourront être allégées si la ressource se reconstitue, maintenues, ou au contraire étendues à d’autres secteurs du département si la sécheresse venait à s’aggraver.
Les restrictions restent en vigueur tant que la situation hydrologique ne s’est pas améliorée. Le non-respect des interdictions expose les contrevenants à des sanctions prévues par la réglementation sur l’eau. Pour connaître précisément les règles applicables à leur adresse, les habitants sont invités par la préfecture à consulter la plateforme nationale VigiEau, qui recense en temps réel, commune par commune, les usages autorisés et ceux qui sont suspendus. L’arrêté préfectoral détaillant l’ensemble des mesures est par ailleurs consultable sur le site des services de l’État dans le Val-de-Marne.
Au-delà des seules communes en crise, la préfecture appelle l’ensemble des Val-de-Marnais à réduire leur consommation, en privilégiant les douches courtes, en traquant les fuites et en différant les usages non essentiels. La sécheresse, qui frappe cette année encore une partie de l’Île-de-France, met sous tension une ressource déjà sollicitée par une population dense.