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Les Ulis : promenade architecturale

Par Assia Bedja
Publié le 15 octobre 2026 à 10h41 – Temps de lecture : 4 minutes

Née d’un plan d’urbanisme des années 1970, Les Ulis se prête rarement à la visite guidée. Ce sera pourtant le cas le samedi 17 octobre, à l’occasion des Journées nationales de l’architecture. Pour cette onzième édition, qui se tient du 15 au 18 octobre sur le thème « Réhabiliter, bâtir l’avenir », le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) de l’Essonne propose une promenade commentée à travers la ville, pensée comme une lecture à ciel ouvert de l’urbanisme de dalle.
Le départ est fixé à 10 h 30 devant l’Espace culturel Boris-Vian, rue du Morvan, pour une visite d’environ une heure et demie. Le groupe est limité à vingt-cinq personnes et la réservation est obligatoire ; la participation s’élève à 9,50 €. Bonnes chaussures recommandées : le parcours se fait à pied, d’une résidence à l’autre, en empruntant les passerelles et les cheminements piétons qui font la singularité de la commune. Ceux qui ne pourront s’y joindre retrouveront l’itinéraire « La traversée » sur l’application Archistoire, qui propose cartes, repères historiques, photographies et podcasts pour une découverte en autonomie.
Organisme public et gratuit, le CAUE conseille toute l’année particuliers et collectivités sur leurs projets de construction et d’aménagement ; ces visites prolongent sa mission pédagogique en la portant dans la rue. Car Les Ulis est une ville-laboratoire. Créée officiellement en 1977, elle est née d’une zone à urbaniser en priorité (ZUP) ouverte sur le plateau agricole, entre Bures-sur-Yvette et Orsay, dont elle s’est détachée pour devenir commune à part entière. Conçue par les architectes Robert Camelot et François Prieur, elle applique les principes de l’époque : séparation des voitures et des piétons, immeubles sur dalle, équipements publics au cœur des quartiers. Rien n’y doit au hasard : tout a été planifié, du tracé des venelles à l’implantation des écoles.
Un demi-siècle plus tard, ce patrimoine récent, longtemps mal-aimé, se regarde avec un œil neuf. Cette reconnaissance a pris une forme officielle en 2023, lorsque la Direction régionale des affaires culturelles d’Île-de-France a attribué à six édifices et ensembles ulissiens le label « Architecture contemporaine remarquable ». Figurent dans cette liste l’Hôtel de Ville, l’Espace culturel Boris-Vian et ses abords, trois groupes scolaires – Bosquet, Millepertuis et Parc – ainsi que la piscine municipale. Le label, réservé aux réalisations de moins d’un siècle, distingue des bâtiments jugés audacieux et originaux, témoins des différentes phases de construction de la ville.
Le thème de cette année trouve aux Ulis un terrain d’application presque idéal. Comme beaucoup de quartiers nés dans les années 1970, la ville voit aujourd’hui ses dalles, ses résidences et ses équipements engager une nouvelle étape de leur histoire. Regarder cette architecture, c’est donc aussi s’interroger sur la manière de la moderniser sans la trahir : une question qui occupe désormais autant les habitants que les professionnels, et que la visite entend mettre à hauteur de promeneur. Le CAUE invite d’ailleurs à élargir le regard au-delà des seuls bâtiments labellisés, pour saisir la cohérence d’ensemble d’une ville dessinée d’un seul tenant.
La découverte du 17 octobre invite justement à relire ces repères. L’Hôtel de Ville, dessiné au milieu des années 1970 par Robert Camelot et ses associés, ou le groupe scolaire Millepertuis, œuvre de Michel Hubert et Michel Picard, racontent une certaine idée de la ville moderne, à la fois ambitieuse et contestée. En parcourant dalles et passerelles, les participants sont invités à dépasser les clichés sur les « villes nouvelles » pour y lire des choix d’urbanisme.
Les deux premières journées, jeudi et vendredi, sont surtout réservées au public scolaire, dans le cadre de l’opération « Levez les yeux ! ». Le week-end, lui, s’ouvre à tous, et la même fin de semaine, d’autres communes franciliennes ouvrent elles aussi leurs édifices remarquables.