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Un million d’euros pour les agriculteurs sinistrés des Bouches-du-Rhône

Agricultrice des Bouches-du-Rhône inspectant un champ de légumes
Par Jonathan Caron
Publié le 31 octobre 2026 à 11h26 – Temps de lecture : 4 minutes

En déplacement ce lundi 26 octobre à Moulès, hameau de la commune d’Arles, Martine Vassal, présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, est allée à la rencontre des exploitants agricoles durement frappés par les inondations qui ont touché le territoire à la fin du mois d’octobre 2026. À l’issue de cette visite de terrain, elle a annoncé la création d’un fonds de secours exceptionnel d’un million d’euros destiné aux agriculteurs et aux éleveurs sinistrés, quelques jours seulement après le déblocage de cinq millions d’euros en faveur des communes touchées par les intempéries.

Sur place, le constat est lourd. Les eaux ont submergé des cultures entières, emporté du bétail et détruit du matériel agricole, mettant à mal des exploitations parfois déjà fragiles. La filière rizicole, emblématique du territoire arlésien et de la Camargue, paie le plus lourd tribut avec près de 2 500 hectares impactés. Dans ce secteur où la récolte se joue précisément à l’automne, la montée des eaux a compromis le travail de toute une année pour de nombreux riziculteurs, dont les parcelles se trouvaient en pleine période de moisson au moment des intempéries.

Le fonds exceptionnel annoncé par la présidente du Département vise les exploitations les plus fragilisées, dans l’ensemble des filières touchées. Le maraîchage et les cultures légumières, l’arboriculture, les grandes cultures, le riz, l’apiculture, l’élevage et les prairies sont concernés par ce dispositif de soutien. Cette approche large reflète la diversité du tissu agricole des Bouches-du-Rhône, où cohabitent des productions très différentes, des serres maraîchères de la vallée de la Durance aux manades camarguaises en passant par les vergers et les ruchers disséminés sur tout le territoire.

Les modalités précises d’attribution de cette aide seront définies dans les prochaines semaines avec la Chambre d’agriculture, les organisations professionnelles agricoles et les services de l’État. L’objectif affiché est d’apporter des réponses rapides, concrètes et adaptées aux besoins réels des exploitants, en évitant les lourdeurs administratives qui retarderaient l’arrivée des secours dans les fermes. Ce travail partenarial doit permettre de cibler les situations les plus critiques et de calibrer les montants en fonction des préjudices constatés.

Lors de son déplacement, Martine Vassal a tenu un discours volontariste. Elle a rappelé que derrière chaque exploitation dévastée se trouvent des années de travail, des sacrifices et des familles dont la vie peut basculer, et elle a affirmé son refus de laisser les agriculteurs seuls face à cette catastrophe. La présidente du Département a insisté sur la responsabilité de la collectivité, qui consiste selon elle à agir vite, à protéger les exploitations et à permettre à celles et ceux qui nourrissent le territoire de se relever. Elle a également salué la mobilisation des élus d’Arles et de l’ensemble des acteurs du monde agricole, assurant que le Département resterait un pôle de stabilité, de solidarité et d’action dans l’épreuve.

Au-delà de l’aide départementale, la présidente a annoncé qu’elle écrirait à Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, pour lui demander de porter auprès de la Commission européenne une demande de dérogation aux règles des aides dites de minimis. Ce cadre européen plafonne les aides publiques qu’une exploitation peut recevoir sur trois ans sans procédure d’autorisation préalable, afin de préserver la concurrence au sein du marché commun. En situation de catastrophe, ces plafonds peuvent toutefois limiter la capacité des collectivités à soutenir les sinistrés à la hauteur des dégâts subis. La dérogation demandée permettrait que les aides exceptionnelles liées aux inondations échappent à ces limites habituelles.

Cette mobilisation d’urgence s’inscrit dans un engagement plus structurel de la collectivité envers le monde paysan. Le Département des Bouches-du-Rhône consacre en effet dix millions d’euros chaque année au soutien de l’agriculture, une filière qu’il considère comme essentielle à l’économie locale, à la souveraineté alimentaire et à l’identité même de la Provence.

Pour les exploitants de Moulès, d’Arles et des communes voisines, l’enjeu des prochaines semaines sera de chiffrer les pertes, de remettre en état les parcelles et de préparer la saison à venir malgré les dégâts. L’aide départementale, si elle ne compensera pas à elle seule l’ampleur des destructions, doit offrir un premier appui concret à des professionnels dont l’activité façonne les paysages et fait vivre une grande partie du territoire rhodanien.