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Grève du 5 novembre à Nice : des milliers de manifestants contre la vie chère, tensions devant un lycée de Menton

Par Sacha Caron
Publié le 5 novembre 2026 à 20h02 – Temps de lecture : 4 minutes

La mobilisation contre la vie chère a rassemblé du monde ce jeudi 5 novembre 2026. À l’appel de l’intersyndicale, des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Nice et de Cannes. Les manifestants dénonçaient aussi le manque de moyens dans l’Éducation nationale. Dans l’ensemble, les cortèges se sont déroulés dans le calme. Quelques tensions ont toutefois éclaté aux abords de plusieurs lycées.

À Nice, le cortège s’est élancé à 10 heures depuis la gare Nice-Ville. Il a ensuite rejoint l’avenue Thiers, le boulevard Gambetta puis la Promenade des Anglais. Les manifestants ont poursuivi leur route par l’avenue Max-Gallo. Vers 14 heures, la manifestation a pris fin sur la place Masséna. Malgré une petite pluie, l’ambiance a gardé un caractère bon enfant.

Comme souvent, les chiffres de participation varient fortement selon les sources. Les syndicats revendiquent 10 500 manifestants dans les rues niçoises. De son côté, la préfecture des Alpes-Maritimes en comptait 2 600 à 11 h 40. Plusieurs journalistes présents sur place estimaient plutôt la foule à environ 5 000 personnes. Quoi qu’il en soit, le cortège s’étirait sur une longue distance.

Dans les rangs, les profils se montraient très variés. Enseignants, soignants et cheminots marchaient aux côtés d’artistes et d’agents des services publics. Des étudiants et des lycéens participaient aussi au défilé. Tous réclamaient de meilleurs salaires et des services publics renforcés. Une enseignante expliquait être venue soutenir des lycéens inquiets pour leur avenir.

À Cannes, la mobilisation a réuni entre 300 et 500 personnes selon les estimations. La préfecture en a recensé 360. Dans le cortège cannois, de nombreux salariés du privé réclamaient des salaires décents. Pour eux, le coût de la vie devient de plus en plus difficile à supporter.

Côté éducation, la grève a fortement perturbé les écoles niçoises. Sur 150 établissements, dix ont fermé leurs portes et 90 ont fonctionné partiellement. La Ville a aussi dû fermer 58 restaurants scolaires. Plusieurs accueils du matin et du soir n’ont pas ouvert non plus. Pour les familles, un service minimum d’accueil fonctionnait au centre Impératrice-Eugénie.

À Menton, en revanche, la matinée a pris une tournure plus tendue. Aucune manifestation n’était pourtant déclarée dans la ville. Des lycéens ont bloqué partiellement l’accès au lycée Pierre-et-Marie-Curie. Selon la préfecture, des tirs de mortiers d’artifice ont eu lieu. Les forces de l’ordre ont alors dispersé les jeunes.

Au total, la police a procédé à deux interpellations dans le département. D’après les premiers éléments, un mineur aurait lancé à Menton un projectile qui aurait légèrement blessé un policier. À Nice, les policiers ont interpellé une personne pour outrage à la fin du cortège. Des heurts entre lycéens et forces de l’ordre ont aussi éclaté à Nice, Cannes, Antibes et Grasse. Un blocage partiel a notamment visé le lycée Albert-Calmette, à Nice.

Du côté de l’université, la journée s’est passée sans incident. L’Université Côte d’Azur avait banalisé les cours en prévision de la journée de mobilisation. Résultat : aucun campus n’a connu de blocage à Nice, Cannes ou Menton ce jeudi. Le campus Carlone, bloqué en début de semaine, a donc retrouvé un peu de répit. Une partie des étudiants mobilisés a rejoint le cortège niçois.

Enfin, cette journée s’inscrit dans un mouvement social plus large. Depuis plusieurs semaines, lycéens, étudiants et salariés multiplient les actions contre la vie chère. Les transports ont également subi des perturbations, notamment sur le réseau TER. Reste à savoir si de nouvelles journées de mobilisation suivront. La suite dépendra en grande partie des réponses apportées par le gouvernement.