À Pont-de-Crau, aux portes d’Arles, la Ville poursuit en ce début d’octobre 2026 la mise en valeur du site de Beauchamp, un espace naturel longtemps négligé. Après l’aménagement des espaces de balade et de loisirs du Jardin des Avettes, achevé avant l’été, la première semaine d’octobre a été consacrée aux installations du marais, situé de l’autre côté de la rocade. Les élues et les services municipaux se sont rendus sur place pour constater l’avancée d’un chantier discret mais attendu des habitants du quartier, qui redécouvrent depuis le printemps un coin de nature longtemps laissé à l’abandon à quelques minutes du centre-ville.
Le marais de Beauchamp n’était jusqu’ici accessible qu’au prix d’un détour. Une passerelle piétonne a donc été installée sous la route pour relier en toute sécurité les deux parties du site, tandis qu’une barrière ferme désormais l’accès aux véhicules après le parking situé côté stade. Ces deux premiers équipements posent le principe qui guide l’ensemble de l’opération. Les voitures restent à l’entrée et le promeneur, le coureur ou le cycliste chemine ensuite à son rythme, au milieu d’une faune et d’une flore que la Ville entend protéger autant que donner à voir.
Le cœur de cette nouvelle phase est un observatoire tout neuf, construit sur la rive nord du marais, à l’opposé de celui qui existait déjà et dont la rénovation est à l’étude. Un observatoire ornithologique est une cabane en bois percée d’ouvertures, qui permet d’approcher les oiseaux d’eau sans les déranger. Dans un territoire camarguais où la présence des hérons, des aigrettes et des canards fait partie du paysage quotidien, cet équipement offre aux Arlésiens un poste d’observation privilégié, à deux pas des habitations. Des glissières en bois ont par ailleurs été posées à l’entrée du site, et l’espace pique-nique, le ponton d’observation ainsi que la passerelle sur pilotis sont en cours de rénovation.
Le coût total de ces aménagements avoisine les 40 000 euros, une somme modeste au regard de l’effet attendu sur la fréquentation et l’image du lieu. Catherine Balguerie, conseillère municipale déléguée à la biodiversité et à la végétalisation, porte le projet Beauchamp depuis ses débuts. Lors de sa visite sur le chantier, entourée de l’adjointe aux espaces naturels Claire Mailhan, du conseiller municipal délégué à Pont-de-Crau Gilbert Poirier et du responsable du service développement durable Michaël Navarro, elle a annoncé la création prochaine de panneaux directionnels et pédagogiques consacrés à la faune et à la flore. Des plantations d’arbres sont également prévues, notamment pour masquer la station de pompage implantée à la croisée des chemins, entre les deux parties du site de Beauchamp.
Ce volet d’octobre prolonge une première étape spectaculaire. Au printemps dernier, le maire Patrick de Carolis avait salué la métamorphose du Jardin des Avettes, où 6 500 tonnes de déchets et de gravats avaient dû être évacuées avant que ne soit tracé un cheminement serpentant entre le rond-point des Arches et la base de loisirs. Des agrès sportifs en bois, des bancs et des tables de pique-nique avaient alors été installés, la mise à l’eau des kayaks rénovée et un espace dédié au ping-pong et à la pétanque annoncé. La Fête de Beauchamp, organisée le dimanche 24 mai, avait permis aux Arlésiens de découvrir le lieu transformé.
Le Jardin des Avettes franchit aujourd’hui une nouvelle étape. Doté d’un espace pique-nique, d’éclairages, de tables de ping-pong et de poteaux techniques permettant par exemple l’accueil de food-trucks, il est désormais prêt à recevoir les associations arlésiennes pour des événements ponctuels. Les demandes de réservation sont à adresser au service développement durable de la Ville, qui coordonne l’ensemble du projet. Cette ouverture au monde associatif donne au site une vocation de lieu de vie, en complément de sa fonction de refuge pour la biodiversité.
Pour les habitants de Pont-de-Crau et, plus largement, pour les Arlésiens, le site de Beauchamp dessine ainsi un nouvel espace de respiration entre ville et nature, accessible à pied ou à vélo, sans voiture. Au fil des saisons, les panneaux pédagogiques, les plantations et la rénovation de l’ancien observatoire viendront compléter un ensemble qui montre qu’une commune peut, avec des moyens mesurés, réconcilier ses habitants avec un patrimoine naturel qu’elle avait failli perdre.

