1. Home
  2. Nos départements
  3. ALPES-MARITIMES (06)
  4. Commerces pillés à Nice : jusqu’à 5 000 euros pour se protéger, toutes les aides à connaître

Commerces pillés à Nice : jusqu’à 5 000 euros pour se protéger, toutes les aides à connaître

Par Moira O'Deorain
Publié le 28 octobre 2026 à 17h26 – Temps de lecture : 4 minutes

Les commerçants niçois ne se retrouvent pas seuls face aux dégâts. Après les violences des 17 et 18 octobre, la Ville de Nice et la Métropole déploient un plan d’accompagnement exceptionnel. Objectif : aider les professionnels sinistrés et prévenir de nouveaux débordements. Fonds de sécurisation, aides régionales et démarches simplifiées composent ce dispositif. Voici ce qu’il faut retenir.

Pour rappel, le week-end du 17 octobre a laissé des traces dans le centre-ville. Selon la municipalité, 20 commerces ont subi des dégradations, dont dix entièrement pillés. L’avenue Jean-Médecin figure parmi les secteurs les plus touchés. La Ville estime aussi à 400 000 euros les dégâts sur ses équipements et sur le réseau Lignes d’Azur. Ce montant n’inclut pas les pertes des commerçants eux-mêmes.

Face à cette situation, Éric Ciotti a réuni les professionnels jeudi 22 octobre. Lors de cette rencontre, le maire a présenté plusieurs mesures concrètes. La plus attendue concerne la sécurisation des boutiques. En effet, la Métropole Nice Côte d’Azur va créer un fonds d’aide exceptionnel. Il prendra en charge 50 % des dépenses de protection, dans la limite de 5 000 euros par établissement.

Concrètement, cette aide couvre plusieurs types de frais. Les commerçants pourront notamment financer des vigiles ou des plaques de protection pour leurs vitrines. Tous les commerces situés dans les zones délimitées pourront en bénéficier. Toutefois, le conseil municipal doit encore voter ce dispositif. La séance prévue le 19 novembre 2026 devrait officialiser la mesure.

Par ailleurs, la Métropole abondera le fonds de soutien économique de la Chambre de commerce et d’industrie. Ce second outil vise à compenser les pertes de chiffre d’affaires. Certaines boutiques ont en effet dû fermer après les pillages. D’autres ont subi une nette baisse de fréquentation. Pour ces professionnels, chaque journée sans vente pèse lourd.

De son côté, la Région Sud a lancé le fonds Solidarité commerces pillés. Adopté le 23 octobre, ce dispositif prévoit une subvention forfaitaire de 10 000 euros par établissement éligible. Les commerçants concernés peuvent déposer leur demande en ligne jusqu’au 28 février 2027. Selon la CCI régionale, entre 15 et 20 commerces niçois ont subi des dégâts après le 17 octobre. Ce coup de pouce doit les aider à remettre leur boutique en état.

En outre, la mairie promet plus de réactivité. Elle s’engage à répondre sous 48 heures aux demandes relevant de sa compétence. Cela concerne les vitrines, l’accès aux établissements, la signalétique temporaire et les livraisons. Un référent dédié accompagne aussi les commerçants dans leurs démarches administratives. Il les oriente également vers un soutien psychologique après ces épreuves.

Sur le terrain, les commerçants avaient déjà pris les devants. Dès le 19 octobre, la Fédération du commerce niçois et de l’artisanat a lancé une cagnotte en ligne. Cette fédération regroupe 17 associations de commerçants de la ville. Son président, Marcel Vidal, appelle surtout les Niçois à consommer local. Selon lui, venir faire ses achats en centre-ville reste la meilleure façon de soutenir les boutiques.

Le samedi 24 octobre, beaucoup de commerçants ont préféré barricader leurs vitrines par précaution. Ce jour-là, les autorités avaient interdit les manifestations dans le centre-ville. Au total, 730 agents ont assuré la sécurité des rues niçoises. Aucun pillage n’a finalement touché les boutiques ce week-end-là. Ces protections ont toutefois un coût, d’où l’intérêt du nouveau fonds.

Enfin, ce plan d’aide recueille plusieurs soutiens. À gauche, Juliette Chesnel-Leroux salue la création d’un guichet unique. Les représentants des commerçants espèrent désormais un retour rapide au calme. La prochaine journée de mobilisation, prévue le samedi 31 octobre, fera figure de test. Les commerçants espèrent cette fois une journée sans incident.