Les épargnants français vont retrouver un peu de rendement sur leur bas de laine. À compter du 1er août 2026, le taux du Livret A passera de 1,5 % à 1,7 %, tandis que celui du Livret d’épargne populaire, le LEP, restera fixé à 2,5 %. Cette révision, annoncée à la mi-juillet, s’inscrit dans le rendez-vous semestriel qui rythme la vie de ces placements réglementés. La Banque de France calcule les taux et les propose deux fois par an, en janvier et en juillet, avant que le ministère de l’Économie et des Finances ne les arrête officiellement.
Ce relèvement s’explique par la mécanique de calcul qui encadre le Livret A. Son taux repose en effet sur une formule combinant la moyenne des taux interbancaires de la zone euro et l’évolution des prix à la consommation, hors tabac, sur les douze derniers mois. Après une année 2025 marquée par plusieurs baisses, puis un recul à 1,5 % au 1er février 2026, l’indicateur repart désormais à la hausse. Concrètement, un placement de 10 000 euros laissé une année entière rapportera 170 euros au nouveau taux, contre 150 euros auparavant.
Le mouvement ne concerne pas seulement le Livret A. Le Livret de développement durable et solidaire, le LDDS, suit toujours la même trajectoire et affichera lui aussi 1,7 % au 1er août. Ces deux produits partagent le même rendement et les mêmes avantages fiscaux, puisque leurs intérêts échappent à l’impôt sur le revenu comme aux prélèvements sociaux. Une large part de l’argent déposé sur le Livret A est d’ailleurs centralisée par la Caisse des dépôts, qui la transforme en prêts de long terme destinés à financer la construction et la rénovation de logements sociaux. Le livret reste par ailleurs ouvert à toute personne physique, sans condition d’âge ni de nationalité, avec un plafond de dépôt fixé à 22 950 euros au-delà duquel seuls les intérêts continuent de s’accumuler.
Le sort du LEP retient particulièrement l’attention. Appliquée à la lettre, la formule aurait dû ramener son taux à 2,2 %. Les pouvoirs publics ont pourtant choisi de le maintenir à 2,5 %, un coup de pouce qui préserve le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes. Ce livret vise en effet spécifiquement les foyers aux revenus limités et leur garantit un rendement supérieur à celui du Livret A. Son succès ne se dément pas, puisque le nombre de détenteurs a bondi de sept millions en 2020 à douze millions en 2026.
Pour en profiter, il faut toutefois respecter des conditions de ressources. La banque vérifie le revenu fiscal de référence, qui ne doit pas dépasser un seuil variable selon la composition du foyer. Ce revenu figure sur l’avis d’imposition et tient compte de l’ensemble des ressources du ménage, ce qui en fait une mesure fidèle de son niveau de vie réel. Pour 2026, ce plafond s’établit à 23 028 euros pour une personne seule, à 35 326 euros pour un couple et à 47 624 euros pour un couple avec deux enfants en métropole. Les épargnants qui veulent vérifier leur éligibilité peuvent consulter les plafonds de revenus retenus pour 2026. Un détenteur qui dépasse ce seuil deux années consécutives voit son compte fermé, mais un dépassement isolé reste sans conséquence.
Le LEP obéit aussi à ses propres limites. Son plafond de dépôt atteint 10 000 euros, une somme volontairement modeste qui traduit sa vocation sociale plutôt que patrimoniale. Au taux de 2,5 %, un livret rempli rapporte ainsi 250 euros par an, sans le moindre prélèvement. Douze millions de Français en bénéficient déjà, et plusieurs millions d’autres y auraient droit sans toujours le savoir.
Pour les ménages, ces ajustements ne bouleversent pas l’équilibre de l’épargne réglementée, mais ils en confirment la solidité. Dans un contexte où l’inflation ralentit, le Livret A et le LEP conservent leur rôle de refuge simple, disponible et garanti par l’État. Désormais, chacun peut faire ses comptes en connaissance de cause avant la rentrée, en gardant à l’esprit que ces taux resteront en vigueur jusqu’à la prochaine échéance semestrielle, au début de l’année 2027.

