En cette année 2026, déclarée Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux par les Nations unies, le pastoralisme s’invite au cœur du Var. La Communauté de Communes Cœur du Var propose aux habitants une expérience peu commune, une marche matinale sur le parcours alimentaire d’un troupeau de chèvres, le mercredi 21 octobre 2026 à Puget-Ville. Le rendez-vous est fixé à partir de 8h45 à la ferme Canteperdrix, pour une matinée entière consacrée à la découverte d’un métier ancestral qui façonne encore les paysages de la région.
Cette initiative ne sort pas de nulle part. L’année internationale du pastoralisme vise à donner une voix aux bergers et aux éleveurs du monde entier, afin de mieux faire reconnaître leur rôle essentiel. Au-delà de la production de lait, de fromage ou de viande, les troupeaux qui parcourent les collines entretiennent les milieux naturels, maintiennent des espaces ouverts et contribuent directement à la prévention des incendies en limitant la végétation combustible, un enjeu que les habitants du Var connaissent bien. Consciente de ces atouts, la communauté de communes a souhaité s’inscrire dans cette démarche de mise en lumière des éleveurs locaux, en cohérence avec son Projet Alimentaire Territorial, ce dispositif qui vise à rapprocher producteurs et consommateurs et à favoriser une alimentation locale et de qualité sur les onze communes du territoire.
Concrètement, la matinée s’articule autour d’une marche sportive d’environ une heure, soit 3,2 kilomètres aller-retour, sur le sentier qu’emprunte quotidiennement le troupeau pour se nourrir. L’ambition affichée est de proposer une expérience immersive au contact des animaux, de faire découvrir le métier de chevrier et de terminer par une dégustation de produits locaux. Les participants chemineront en compagnie du CERPAM, le Centre d’Études et de Réalisations Pastorales Alpes-Méditerranée, organisme de référence qui accompagne depuis des décennies les éleveurs de la région dans la gestion de leurs espaces pastoraux, ainsi que de Charlotte Gauvrit, qui conduit la ferme Canteperdrix. Cette double présence promet des regards complémentaires, celui du technicien qui décrypte la relation entre le troupeau et son territoire, et celui de l’éleveuse qui vit cette réalité au quotidien.
Le déroulé de la matinée a été pensé comme une immersion progressive dans l’univers caprin. La balade s’élance à partir de 9h depuis la ferme, avant un moment consacré à la mise en place de la luzerne pour l’alimentation des chèvres. Vers 10h30, les participants pousseront les portes de la chèvrerie et de la fromagerie, l’occasion de comprendre comment le lait récolté sur ces collines devient fromage. La matinée s’achèvera vers midi par une dégustation des produits de la ferme, récompense gourmande qui donne tout son sens à la notion de circuit court, du pâturage parcouru le matin jusqu’à l’assiette.
Quelques précautions s’imposent pour profiter pleinement de la sortie. Les organisateurs recommandent des chaussures de randonnée, une tenue adaptée, de l’eau et une casquette ou un chapeau, ainsi que des bâtons de marche pour ceux qui le souhaitent. Le sentier est court mais présente des passages glissants, sur des terrains caillouteux et sableux. La sortie ne convient pas aux enfants de moins de six ans ni aux personnes ayant des problèmes de santé ou peu habituées à la randonnée. La participation nécessite de s’inscrire au préalable via le formulaire d’inscription en ligne, et les renseignements complémentaires s’obtiennent au 06 76 55 32 68 ou à l’adresse aaubard@coeurduvar.com.
Cette marche d’octobre illustre une conviction qui progresse dans les territoires ruraux du Var, celle que le pastoralisme n’appartient pas au passé. À Puget-Ville comme ailleurs en Cœur du Var, les troupeaux demeurent des acteurs vivants de l’économie agricole et de l’entretien des paysages, et leur avenir dépend aussi de la reconnaissance que leur accordent les habitants. En invitant petits et grands à marcher une heure durant dans les pas d’un troupeau de chèvres, la communauté de communes mise sur la rencontre directe, la plus efficace des pédagogies. Ceux qui feront le déplacement ce mercredi matin d’octobre repartiront sans doute avec un fromage dans le sac, et surtout avec un autre regard sur ces éleveurs qui font vivre les collines varoises.

