Nice reste sous le choc après un nouveau samedi de tensions. Le 24 octobre 2026, des affrontements ont éclaté dans le centre-ville en marge d’une manifestation. Selon la préfecture, des militants d’ultradroite ont cherché à s’en prendre aux manifestants. Lundi 26 octobre, le procureur de Nice a annoncé des poursuites contre onze personnes. Dix d’entre elles comparaîtront dès ce mardi devant le tribunal correctionnel.
Tout s’est joué samedi après-midi, en pleine journée de mobilisation. D’après la préfecture des Alpes-Maritimes, une centaine de militants masqués ont convergé vers le centre-ville. Leur objectif présumé : affronter physiquement les manifestants. Sur place, des journalistes ont remarqué des hommes portant un brassard blanc. Des heurts ont rapidement éclaté dans les rues niçoises.
Ces scènes ont choqué de nombreux Niçois. Des manifestants racontent avoir reçu des coups pendant les heurts. Très vite, certains ont dénoncé une situation chaotique. Ils s’interrogent aussi sur la présence des forces de l’ordre au moment des faits. Ce point suscite depuis de vives discussions.
Face à ces débordements, la police a procédé à de nombreuses interpellations. Au total, 59 personnes ont fini en garde à vue à la suite de la mobilisation de samedi. Parmi elles figurent 49 hommes et 10 femmes. Le parquet compte également neuf mineurs dans ce décompte. Ce chiffre concerne l’ensemble de la journée, et pas seulement les militants d’ultradroite.
Lundi, le procureur Damien Martinelli a précisé la suite judiciaire dans un communiqué. Onze personnes devront répondre d’association de malfaiteurs en vue de commettre des violences volontaires aggravées. La justice a déféré les dix majeurs dès lundi. Ils comparaîtront mardi après-midi dans le cadre d’une comparution immédiate. Le magistrat a requis leur placement en détention provisoire d’ici là.
Selon le parquet, ces hommes appartiendraient à la mouvance d’ultradroite. Plusieurs d’entre eux présentent déjà des antécédents judiciaires, notamment pour des faits de violences. Ces éléments pèseront sans doute dans les débats. Néanmoins, tous restent présumés innocents jusqu’à leur jugement. Leurs avocats pourront d’ailleurs demander un renvoi de l’audience pour préparer leur défense.
Il faut dire que l’ultradroite n’est pas un phénomène nouveau à Nice. Plusieurs groupes distincts y sont actifs depuis des dizaines d’années. En mars dernier, une agression raciste dans le Vieux-Nice avait déjà marqué les esprits. Des violences avaient aussi éclaté en marge d’une manifestation de la gauche contre l’élection d’Éric Ciotti. À l’époque, les soupçons s’étaient portés sur le groupuscule Aquila Popularis.
Par ailleurs, ces événements surviennent dans un climat déjà tendu. Une semaine plus tôt, le 17 octobre, des pillages avaient touché plusieurs commerces du centre-ville. En réponse, la mairie avait instauré un couvre-feu pour les mineurs dans certains quartiers. Cette mesure a pris fin ce lundi 26 octobre au matin. Les commerçants, encore marqués par les dégâts, redoutent désormais de nouveaux débordements.
De leur côté, de nombreux Niçois appellent au calme. Le droit de manifester en sécurité reste un enjeu majeur pour la ville. Les enquêteurs, eux, poursuivent leurs investigations pour identifier d’autres participants. Chacun attend maintenant la suite de l’enquête pour mieux comprendre l’organisation de ces groupes.
Enfin, tous les regards se tournent vers l’audience de mardi. Elle donnera un premier signal sur la réponse judiciaire apportée à ces violences. Pour la ville, l’enjeu consiste aussi à éviter de nouveaux week-ends de tensions. Les habitants du centre espèrent retrouver rapidement des rues apaisées.

