Les créations d’entreprises ont fortement rebondi en France au mois de mai 2026. Selon l’Insee, qui a publié ces chiffres ce vendredi 19 juin dans sa note Informations rapides numéro 144, le nombre total de créations a progressé de 10,7 % sur un mois, une fois les données corrigées des variations saisonnières et des effets de calendrier. Cette correction technique permet de comparer des mois entre eux sans que le nombre de jours ouvrables ou les habitudes de saison ne faussent la lecture. Le sursaut de mai efface ainsi largement le recul de 6,8 % observé en avril. Il confirme que l’appétit des Français pour l’entrepreneuriat reste vif, malgré un contexte économique encore incertain.
Dans le détail, ce sont les micro-entrepreneurs qui tirent le mouvement vers le haut. Leurs immatriculations ont bondi de 13,6 % sur le mois, pour atteindre près de 75 000 nouvelles inscriptions. Ce régime, souvent choisi pour tester une activité ou compléter un revenu, séduit par sa simplicité administrative et fiscale. Il permet en effet de démarrer une activité avec des formalités réduites et une comptabilité allégée, ce qui abaisse la barrière à l’entrée pour de nombreux porteurs de projet. Les entreprises individuelles classiques progressent elles aussi, de 9 %, tandis que les créations de sociétés augmentent plus modestement, de 3,6 %. Au total, l’Insee a recensé 110 040 créations sur le seul mois de mai.
Cette dynamique ne se limite pas à un rebond ponctuel. Sur les douze derniers mois, de juin 2025 à mai 2026, la France a enregistré 534 355 créations d’entreprises, soit une hausse de 10 % par rapport à la période équivalente de l’année précédente. Ce cumul annuel lisse les à-coups d’un mois sur l’autre et donne une image plus fiable de la tendance de fond. Il traduit un mouvement durable plutôt qu’un simple effet de calendrier. Les micro-entrepreneurs y occupent désormais une place prépondérante. Ils représentent 66 % de l’ensemble des créations sur un an, contre 64,6 % un an plus tôt.
Cette montée en puissance du régime micro mérite toutefois une lecture attentive. Hors micro-entrepreneurs, la tendance apparaît nettement plus mesurée. Sur les trois derniers mois, les créations de sociétés n’ont augmenté que de 1,5 % et les entreprises individuelles classiques de 0,8 % par rapport à la même période un an auparavant. Autrement dit, le dynamisme d’ensemble repose en grande partie sur des projets légers, portés par des indépendants, plus que sur la constitution de structures plus lourdes et employeuses.
Le détail sectoriel éclaire les moteurs de cette croissance. Les activités d’information et de communication se distinguent nettement, avec une hausse de 25,3 % sur le mois et de 28,9 % sur un an. Ce secteur regroupe notamment le conseil informatique, la programmation et les métiers du numérique, en plein essor. Les services de soutien aux entreprises progressent également fortement, de 13,5 % sur le mois. Ces activités, qui vont du secrétariat au nettoyage en passant par le conseil, accompagnent souvent le développement des autres entreprises. Sur douze mois, elles constituent le premier contributeur à la hausse des créations d’entreprises, devant l’information et la communication. Les services aux ménages suivent la même pente ascendante.
Tous les secteurs ne participent pas au mouvement. Le transport et l’entreposage reculent sur un an et pèsent négativement sur la tendance générale. Les activités financières et d’assurance se replient nettement, de près de 9 % sur douze mois. La construction, de son côté, affiche une progression plus modeste. Ces contrastes rappellent que le rebond national masque des situations très différentes d’un domaine d’activité à l’autre.
Derrière ces statistiques, c’est une certaine vitalité du tissu économique qui se dessine. Chaque immatriculation correspond à un projet, à une prise de risque et parfois à une reconversion. La forte présence des micro-entrepreneurs témoigne d’une économie où l’activité indépendante s’installe durablement dans le paysage du travail. Elle interroge aussi la capacité de ces jeunes structures à durer, à se développer et, à terme, à embaucher. L’Insee livrera ses prochains chiffres, portant sur le mois de juin, le 21 juillet. Ils permettront de mesurer si ce rebond du printemps s’inscrit dans la durée.

