Fontenay-aux-Roses prolonge au mois de septembre l’hommage qu’elle a engagé cet été autour de Jacques Joachim Jean Rigal, artiste surtout connu sous les initiales J.J.J. Rigal. Après une première présentation installée durant la belle saison à la médiathèque municipale, l’espace Rosa Bonheur, au 75 rue Boucicaut, prend le relais du 7 au 30 septembre avec une exposition intitulée « J.J.J. Rigal, graveur et peintre ». La manifestation est portée par l’Association des amis d’Edmond et J.J.J. Rigal, qui veille sur cette œuvre depuis 1999, et s’inscrit dans le centenaire de la naissance du créateur. Né à Paris en 1926 et disparu en 1997, celui-ci avait reçu le Prix national de la gravure en 1954. Reconnu comme un maître de l’aquatinte en couleurs, il maniait avec la même aisance le dessin, l’illustration, la peinture et la sculpture. D’après les éléments biographiques diffusés par la Ville, il exposait dès son plus jeune âge et n’a cessé, sa vie durant, d’explorer les possibilités de l’estampe. La municipalité insiste, par ailleurs, sur les liens étroits que l’artiste a entretenus avec la commune, ce qui éclaire l’attention qu’elle lui porte aujourd’hui.
Ce nouveau volet fait suite à un premier chapitre estival. De juin à la fin du mois d’août, la médiathèque avait consacré une rétrospective au graveur et proposé, autour de ses estampes, plusieurs rendez-vous : une conférence animée par sa fille, Nicole Rigal, une initiation à la pointe sèche et un atelier de monotype destiné au jeune public, inscrit dans le programme d’animations de la Ville. L’aquatinte en couleurs, technique dans laquelle Rigal a excellé, est un procédé de gravure qui permet d’obtenir, par morsures successives de la plaque, des aplats et des nuances proches de l’aquarelle ; elle explique la richesse chromatique que la commune met en avant. En reprenant le flambeau à l’espace Rosa Bonheur, l’association qui porte l’exposition entend faire mesurer l’étendue d’un travail qui ne se limite pas à la seule estampe, mais embrasse aussi le dessin et la peinture. Longtemps discrète, cette dernière constitue le fil conducteur choisi pour la rentrée. Fondée en 1999, la structure s’est donné pour mission de conserver, d’étudier et de faire connaître l’œuvre des deux artistes dont elle porte le nom, en rassemblant une part de leurs travaux et en organisant, au fil des années, expositions et rencontres autour de leur héritage.
À l’espace Rosa Bonheur, l’accrochage met en avant une part plus intime de sa production, la peinture, confrontée à ses gravures, à ses dessins et à ses lavis, afin de révéler les circulations entre ces différentes disciplines. Le lieu ouvre au public les lundis, mercredis et vendredis de 16h à 20h, ainsi que les samedis et dimanches de 14h à 20h. Un vernissage doit se tenir le vendredi 11 septembre à 19h. Deux jours plus tard, le 13 septembre à 15h, deux violoncellistes du territoire donneront une rencontre musicale au milieu des œuvres, quand des ateliers de création sont par ailleurs annoncés pour tous les âges. La même quinzaine, la médiathèque de Fontenay-aux-Roses complète cette rentrée culturelle en présentant, du 5 au 27 septembre, l’exposition « Fontenay-aux-Roses au-delà des clichés ». Composée de tirages réalisés à partir de plaques de verre longtemps restées inédites, elle donne à voir la ville des années 1880 aux années 1950, du château Boucicaut aux réjouissances de la Belle Époque, chaque vue étant éclairée par des documents d’archives. L’archiviste municipal, David Descatoire, doit en assurer une visite commentée. Les curieux pourront ainsi confronter, à quelques rues de distance, l’univers d’atelier d’un maître de la gravure et le visage quotidien d’une ville saisie par les premiers photographes. Cette double proposition ouvre par ailleurs la saison culturelle d’automne de la commune, l’espace Rosa Bonheur inaugurant de son côté sa programmation artistique 2026-2027. Entre la mémoire d’un graveur et celle des rues fontenaisiennes, la Ville place ainsi son mois de septembre sous le double signe du patrimoine artistique et de l’histoire locale, en misant sur des rendez-vous ouverts à tous les publics.
Fontenay-aux-Roses : hommage au graveur Rigal
Par Marie Aschehoug-Clauteaux
Publié le 2 septembre 2026 à 19h34 – Temps de lecture : 4 minutes
