Le conseil municipal d’Aubagne a fait de la santé une priorité affirmée. Réuni le 5 juin 2026, il a adopté à une large majorité un vœu solennel en faveur de la construction d’un nouvel hôpital. Pour la municipalité, cette infrastructure représente un enjeu majeur de souveraineté sanitaire pour les cent mille habitants du bassin de vie. Derrière ce terme se cache une réalité simple. Il s’agit de garantir à la population un accès rapide et durable à des soins de qualité, sans dépendre entièrement des établissements des communes voisines.
Le projet vise à remplacer le centre hospitalier Edmond-Garcin, aujourd’hui jugé obsolète. Un établissement vieillissant pose en effet des difficultés concrètes. Les locaux ne répondent plus toujours aux normes actuelles, les équipements demandent des mises à niveau permanentes et l’organisation des services se heurte à des bâtiments inadaptés. Construire un nouvel hôpital permet donc de repartir sur des bases modernes, mieux pensées pour les patients comme pour les soignants. C’est tout l’enjeu de la démarche portée par la ville.
Pour avancer, la municipalité demande officiellement à l’État de signer rapidement la déclaration d’utilité publique. Cette étape administrative, souvent désignée par le sigle DUP, constitue un préalable indispensable. Elle reconnaît qu’un projet répond à l’intérêt général et ouvre la voie aux acquisitions foncières comme au lancement des travaux. Sans elle, le calendrier reste suspendu. La ville insiste par ailleurs sur un point précis. Cette signature doit intervenir vite, afin de sécuriser les financements du Ségur de la santé et d’éviter que le projet ne prenne du retard.
Le site des Gargues a été identifié comme l’emplacement retenu pour cette nouvelle infrastructure. Le choix d’un terrain défini marque une avancée concrète. Il permet d’envisager l’organisation future de l’établissement, ses accès et son intégration dans la ville. Pour les habitants, disposer d’un nouvel hôpital pensé sur un site adapté représente un gain en lisibilité et en confort, notamment en matière de stationnement et de desserte. La localisation d’un équipement de cette ampleur n’est jamais neutre. Elle conditionne son bon fonctionnement pour plusieurs décennies.
Afin de piloter ce dossier, le maire Jean-Pierre Squillari a nommé le docteur Mohammed Salem au poste de délégué spécial. Sa mission couvre plusieurs volets complémentaires. Il coordonne les actions sanitaires, renforce le dialogue entre les institutions et représente les professionnels de santé auprès des partenaires territoriaux. La Région, le Département et la Métropole figurent parmi ces interlocuteurs. Confier ce rôle à un médecin traduit une volonté claire. Il s’agit d’ancrer la démarche dans la réalité du terrain médical, et non uniquement dans la sphère administrative.
La méthode retenue mérite d’être soulignée. La municipalité a fait le choix d’une approche transpartisane, en dépassant les clivages politiques habituels. L’objectif consiste à garantir un accès équitable et pérenne aux soins pour l’ensemble du territoire. Sur un sujet aussi sensible que la santé, cette recherche de consensus n’est pas anodine. Elle renforce la crédibilité de la demande adressée à l’État et montre que l’ensemble des élus soutient le projet, au-delà de leurs différences.
Ce dossier dépasse largement les limites de la seule commune d’Aubagne. Le bassin de vie concerné regroupe environ cent mille habitants, répartis sur plusieurs communes du pays aubagnais. Un hôpital moderne bénéficierait donc à un territoire étendu, en réduisant les temps de transport vers les grands établissements et en désengorgeant les services voisins. La question de l’accès aux soins reste une préoccupation forte pour de nombreuses familles, en particulier pour les personnes âgées et les publics les plus fragiles.
En adoptant ce vœu, Aubagne envoie un signal politique fort à ses partenaires et à l’État. La ville affiche une ambition claire et se donne les moyens de la porter dans la durée. Reste désormais l’étape décisive de la signature de la déclaration d’utilité publique, attendue pour transformer cette volonté en chantier concret. Pour les habitants du bassin aubagnais, l’enjeu est direct. Il touche à leur santé, à leur sécurité et à la qualité du service public dont ils bénéficieront demain.

