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Festival : Jazz au fil de l’Oise

Par Marie Aschehoug-Clauteaux
Publié le 23 septembre 2026 à 19h07 – Temps de lecture : 4 minutes

C’est un anniversaire que les amateurs de musique du Val-d’Oise n’auraient manqué pour rien au monde. Le Festival de jazz itinérant qui remonte le cours de l’Oise chaque automne s’apprête à souffler ses trente bougies, et c’est Cergy qui a été choisie pour donner le coup d’envoi de cette édition anniversaire. Le samedi 26 septembre, le pianiste Mark Priore ouvrira le bal en solitaire à 18 h 30, posant la première note d’une programmation qui s’étirera ensuite jusqu’au 12 décembre. Pendant près de trois mois, une vingtaine de concerts prendront le relais dans presque autant de communes du département, fidèles à l’esprit nomade qui fait la singularité de ce rendez-vous depuis sa toute première édition. Trois décennies plus tard, la formule n’a pas pris une ride et attire, chaque rentrée, un public toujours plus large.
Le principe n’a pas bougé depuis les origines. Plutôt que de concentrer les concerts dans une seule et même salle, la manifestation préfère aller à la rencontre des habitants, en se déplaçant de ville en ville tout au long de l’automne. Cette année encore, l’itinéraire reliera les grandes rives urbaines comme les communes plus modestes, de Pontoise à Enghien-les-Bains, en passant par L’Isle-Adam, Saint-Ouen-l’Aumône, Herblay-sur-Seine, Montmorency, Éragny-sur-Oise ou Vauréal. Chaque étape investit un lieu différent, tantôt un théâtre, tantôt une médiathèque, une église ou une salle de spectacle, de manière à faire dialoguer les répertoires avec des publics qui n’ont pas toujours l’habitude de pousser la porte d’un concert de jazz. Le solo d’ouverture donne d’ailleurs le ton d’une saison qui promet d’alterner les ambiances, du piano intimiste aux grandes formations, et de faire se croiser plusieurs générations de musiciens sur les scènes du territoire.
Derrière ce marathon musical, on retrouve un collectif d’acteurs culturels valdoisiens, réunis et soutenus dans le cadre d’un label du ministère de la Culture, qui unissent leurs forces pour bâtir une programmation exigeante. Le résultat ratisse large. Dans les semaines à venir, le public pourra applaudir des artistes de renommée internationale comme la chanteuse Youn Sun Nah, le pianiste Tigran Hamasyan, le batteur guadeloupéen Arnaud Dolmen ou la harpiste Laura Perrudin, aux côtés de talents plus confidentiels que le festival aime mettre en lumière. Concerts en salles de spectacle, en médiathèques ou en églises, formes acoustiques ou électriques : la diversité des propositions est assumée comme une véritable signature. Cette attention portée au choix des noms explique en partie pourquoi le rendez-vous s’est imposé, au fil des ans, comme l’un des temps forts de la rentrée culturelle du département, bien au-delà du seul cercle des connaisseurs.
Reste la question, toujours sensible, du budget des spectateurs. Les organisateurs ont fait le choix de tarifs volontairement accessibles, échelonnés de 5 à 30 € selon les soirées et les lieux. Des réductions sont prévues pour les jeunes, les seniors, les abonnés des transports en commun ou encore les groupes, et l’entrée demeure gratuite pour les moins de 18 ans, une façon d’ouvrir grand les portes aux familles. Une réservation reste vivement conseillée : d’une année sur l’autre, les salles les plus intimes affichent vite complet, et le concert d’ouverture ne devrait pas faire exception. Trente ans après sa première note, ce festival un peu à part prouve, saison après saison, que le jazz peut continuer de suivre tranquillement le fil de l’Oise, et de s’inviter partout où on ne l’attend pas forcément. De quoi souligner, aussi, combien la musique vivante irrigue désormais l’ensemble du Val-d’Oise, des petites villes aux grands pôles urbains.