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La confiance des ménages français se redresse légèrement en juin

Couple examinant son budget, illustrant la confiance des ménages
Par Marie Aschehoug-Clauteaux
Publié le 25 juin 2026 à 09h08 – Temps de lecture : 5 minutes

La confiance des ménages français a repris quelques couleurs en juin. Ce mercredi 25 juin 2026, l’Institut national de la statistique et des études économiques a publié son enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages. Son indicateur synthétique, qui résume l’humeur économique du pays, gagne deux points et s’établit à 84. Cet indicateur reste néanmoins bien en dessous de sa moyenne de longue période, fixée à 100 pour la période allant de janvier 1987 à décembre 2025. Autrement dit, le moral se redresse un peu, mais il demeure durablement dégradé.

Cette enquête n’a rien d’anecdotique. Chaque mois, l’Insee interroge par téléphone environ 2 000 ménages représentatifs de la population française. Pour l’édition de juin, la collecte s’est déroulée du 26 mai au 17 juin 2026. Les réponses sont ensuite converties en soldes d’opinion, c’est-à-dire en écarts entre la part des personnes optimistes et celle des personnes pessimistes. La confiance des ménages sert ainsi de baromètre avancé de la consommation, premier moteur de la croissance en France. Quand les ménages doutent, ils dépensent moins et épargnent davantage, ce qui pèse mécaniquement sur l’activité.

Le regard porté sur la situation financière personnelle s’éclaircit légèrement. Le solde relatif aux perspectives financières des ménages progresse de trois points et atteint -16. Celui qui mesure leur situation financière passée gagne un point, à -28. Ces deux indicateurs restent négatifs, signe que les pessimistes demeurent majoritaires. Toutefois, l’orientation à la hausse traduit un desserrement, même modeste, de la contrainte ressentie sur les budgets familiaux après plusieurs années marquées par la vie chère.

Le jugement sur le niveau de vie en France évolue de manière plus contrastée. Concernant les perspectives d’évolution du niveau de vie dans le pays, le solde d’opinion bondit de cinq points, à -65. Cette amélioration reste théorique tant le niveau demeure très bas. En revanche, l’appréciation du niveau de vie passé recule d’un point, à -81, un plancher qui illustre la sévérité du regard des Français sur la trajectoire récente de l’économie nationale. Les ménages jugent donc leur propre situation moins durement que celle du pays dans son ensemble.

L’anticipation sur les prix explique en grande partie ce léger regain de confiance. Le solde relatif aux perspectives d’évolution des prix s’effondre de quinze points en un mois, à -15. Concrètement, de plus en plus de ménages estiment que l’inflation va ralentir dans les mois à venir. Cette détente des craintes est décisive, car la perception de l’inflation façonne directement le sentiment de pouvoir d’achat. En parallèle, le solde sur l’évolution passée des prix perd deux points, à 23, ce qui confirme que la flambée des prix ressentie s’atténue progressivement dans la mémoire des ménages.

Le tableau comporte cependant une ombre nette. La crainte du chômage repart nettement à la hausse. Le solde qui mesure les craintes d’évolution du chômage grimpe de cinq points, à 60. Un chiffre en hausse signale ici davantage d’inquiétude, puisque plus les ménages redoutent une montée du chômage, plus ce solde s’élève. Cette poussée traduit une nervosité renouvelée sur le marché du travail, à contre-courant de l’embellie observée sur les autres indicateurs. Elle rappelle que l’emploi reste la principale variable d’inquiétude des Français.

Du côté de l’épargne, les intentions se maintiennent à un niveau élevé. Le solde sur la capacité d’épargne future est stable, à 14, tandis que celui relatif à la capacité d’épargne actuelle cède deux points, à 16. L’opportunité d’épargner, elle, gagne un point et se fixe à 41. Ce chiffre élevé montre que les ménages continuent de juger le moment favorable pour mettre de l’argent de côté. Cette prudence, cohérente avec un climat encore incertain, se retrouve dans l’indicateur de climat de l’épargne, qui recule de deux points à 119 tout en restant nettement au-dessus de sa moyenne de longue période.

À l’inverse, la propension à consommer reste bridée. Le solde d’opinion sur l’opportunité de réaliser des achats importants gagne un point, à -38, mais demeure profondément négatif. Les ménages continuent donc de reporter leurs dépenses lourdes, comme l’équipement du logement ou l’achat d’un véhicule. Cet arbitrage en faveur de l’épargne de précaution et au détriment de la consommation pèse sur la demande intérieure.

Au terme de ce mois de juin, l’enquête dessine ainsi un moral en demi-teinte. Les ménages français perçoivent une accalmie sur le front des prix et jugent un peu moins durement leur situation financière. Dans le même temps, la peur du chômage et la réticence à consommer freinent tout véritable rebond de la confiance des ménages. Le prochain point de conjoncture, attendu à la fin du mois de juillet, dira si cette timide éclaircie se confirme ou si elle n’aura été qu’une embellie passagère.