En cet été 2026, Aix-en-Provence confirme sa réputation de capitale des arts. La ville propose un programme d’expositions d’une richesse rare, qui mêle les grands noms de l’art moderne aux figures les plus populaires de la culture contemporaine. Des musées municipaux aux fondations privées, plusieurs parcours s’offrent aux visiteurs durant toute la belle saison. De quoi occuper aussi bien les Aixois que les nombreux touristes attendus dans la cité du roi René.
Au Granet XXe, l’exposition « Kosta Alex, Coup de chapeau » se poursuit jusqu’au 6 septembre prochain. Elle rend hommage à l’artiste gréco-américain Kosta Alexopoulos, disparu en 2005 à l’âge de quatre-vingts ans. Le parcours réunit une soixantaine d’œuvres couvrant cinq décennies de création. Sculptures, assemblages, collages, dessins, films et archives dialoguent ainsi pour retracer une trajectoire singulière. Cette rétrospective offre une belle occasion de découvrir un créateur encore trop méconnu du grand public.
À quelques pas de là, l’Hôtel de Caumont accueille jusqu’au 4 octobre une exposition consacrée à Henri de Toulouse-Lautrec. Intitulée « Créateur d’icônes », elle rassemble près d’une centaine d’œuvres. On y retrouve des peintures, des lithographies et surtout les affiches qui ont immortalisé les cabarets de Montmartre des années 1890. Pour donner vie à cet univers, le centre d’art a imaginé une scénographie immersive. Des prêts prestigieux du musée d’Orsay et du musée Carnavalet enrichissent encore le parcours.
La Fondation Vasarely vit pour sa part une année particulière. Elle célèbre en effet son cinquantième anniversaire avec l’exposition « Vasarely et l’architecture, Projet pour une révolution », ouverte depuis le 12 juin et visible jusqu’au 1er novembre. Père de l’art optique, Victor Vasarely rêvait d’un art accessible à tous, intégré aux bâtiments et à la ville. L’exposition explore cette ambition à travers des études préparatoires, des maquettes et des documents rares. Des œuvres majeures, prêtées par le Centre Pompidou et le FRAC Centre-Val de Loire, complètent cet ensemble.
L’événement le plus attendu de l’été arrive cependant dès le 4 juillet prochain. Le Musée Granet présente alors « Paul McCartney, photographe 1963-1964 : Eyes of the Storm », visible jusqu’au 3 janvier 2027. Avant d’être l’une des plus grandes stars de la musique, le membre des Beatles a saisi de l’intérieur l’ascension fulgurante de son groupe. Plus de deux cent cinquante photographies, prises par ses soins, racontent cette période charnière. Le visiteur suit ainsi le quatuor de Liverpool à Londres, puis de Paris à New York, Washington et Miami, à travers huit sections thématiques.
Cette exposition n’a rien d’un hasard de calendrier. Elle s’inscrit dans la grande célébration des deux cents ans de la photographie. En confiant ses propres clichés au musée, Paul McCartney offre un regard intime sur un moment qui a bouleversé l’histoire de la musique. Pour les passionnés de pop comme pour les amateurs d’image, ce rendez-vous promet une plongée inédite dans les coulisses de la Beatlemania.
Les amateurs d’art photographique ne seront pas en reste à l’automne. L’Hôtel de Caumont prépare en effet une exposition consacrée à Henri Cartier-Bresson, programmée du 5 novembre 2026 au 21 mars 2027. Considéré comme l’un des maîtres de la photographie du vingtième siècle, l’artiste a fait de l’instant décisif sa signature. Ce rendez-vous prolongera ainsi la réflexion sur l’image bien au-delà de la saison estivale.
Pour profiter de cette offre culturelle, la ville mise sur la simplicité. Le City Pass permet en effet d’accéder gratuitement à ces expositions, ce qui allège sensiblement le budget des familles et des amateurs curieux. Les réservations et la billetterie s’effectuent par ailleurs en ligne, afin d’éviter les files d’attente aux portes des musées. Mieux vaut donc anticiper sa visite, surtout pour les rendez-vous les plus courus.
Avec cette programmation, Aix-en-Provence rappelle qu’elle ne se résume pas à son patrimoine et à ses fontaines. La ville se vit aussi comme un véritable carrefour artistique, où se croisent les époques et les disciplines. Entre un pionnier de l’art optique, un peintre de la nuit parisienne et un Beatle devenu photographe, chacun peut composer son propre itinéraire. Une raison de plus de flâner cet été dans les rues d’Aix, un billet de musée en poche.

