En ce début juillet 2026, LUMA Arles ouvre un nouveau cycle d’expositions et place une figure majeure au centre de l’attention. À près de quatre-vingts ans, Patti Smith conserve une aura intacte et une énergie créatrice qui ne faiblit pas. La chanteuse, poétesse et plasticienne américaine est l’invitée d’honneur de cette rentrée culturelle. Sa présence dans la cité arlésienne marque l’ouverture du nouveau cycle de la Fondation et attire tous les regards.
Au centre de cet événement se trouve une œuvre intitulée Correspondences. Depuis le 4 juillet, le public peut la découvrir dans la Grande Halle du parc des Ateliers. Il ne s’agit pas d’une simple exposition. L’installation vidéo, imposante et hypnotique, se déploie sur plusieurs écrans. L’image y gagne en puissance à mesure que le son s’élève et que la voix de Patti Smith raconte et incarne le présent et le passé, le mythe et la réalité. L’ensemble dégage une force peu commune, qui saisit le visiteur dès les premiers instants.
Cette œuvre est le fruit d’un travail mené sur dix ans. Elle est née d’un dialogue nourri entre l’artiste et le duo Soundwalk Collective, connu pour ses créations sonores immersives. Ce compagnonnage de longue durée explique la densité du résultat. La Camargue y trouve toute sa place, à travers les récits qui la façonnent et une forme de radiographie de la terre et de ses habitants. Patti Smith évoque elle-même la responsabilité qui incombe aux artistes dans la compréhension du monde. Correspondences fonctionne dès lors comme une mission autant que comme une œuvre.
Deux soirées exceptionnelles accompagnent cette présentation. Ce dimanche 5 juillet et ce lundi 6 juillet, Patti Smith interprète Correspondences en direct, dans une performance inédite. Ces rendez-vous rares donnent une dimension supplémentaire à l’installation. Ils permettent au public d’entendre l’artiste porter elle-même ses textes, dans un cadre pensé pour l’occasion. Pour celles et ceux qui n’auront pas la chance d’assister à ces performances, l’installation reste accessible jusqu’au 8 novembre. Chacun dispose ainsi de plusieurs mois pour s’immerger dans cette proposition.
LUMA Arles occupe une place singulière dans le paysage culturel du sud de la France. Installée dans l’ancien parc ferroviaire des Ateliers, la Fondation réunit des espaces de création et d’exposition d’envergure internationale. Sa tour, dessinée par l’architecte Frank Gehry, est devenue un repère visuel de la ville. Portée par la collectionneuse Maja Hoffmann, la Fondation a ouvert cet édifice spectaculaire en 2021 et a depuis profondément renouvelé l’offre culturelle arlésienne. Le lieu accueille régulièrement des artistes de premier plan et propose une programmation ambitieuse. En choisissant Patti Smith pour ouvrir son nouveau cycle, la Fondation confirme cette ligne exigeante.
Ce cycle ne se limite pas à l’œuvre de Patti Smith. Le parc des Ateliers accueille désormais deux autres propositions marquantes. Bodies Never Lie, de l’artiste Stan Douglas, se tient à la Mécanique Générale jusqu’au 10 janvier 2027. Amanat, La Forêt sacrée, de Saodat Ismailova, occupe pour sa part l’espace des Forges, également jusqu’au 10 janvier 2027. À ces créations s’ajoutent les œuvres déjà présentées dans la tour depuis le mois de mai. L’ensemble compose un parcours riche et varié.
Chacune de ces expositions interroge à sa manière le passé, le présent et l’avenir. Les artistes y font des choix esthétiques, narratifs et linguistiques différents, mais partagent une même exigence. Ils invitent le visiteur à s’immerger dans des espaces où la contemplation prend le pas sur la simple observation. Cette diversité d’approches fait la richesse du cycle. Elle permet à chacun de trouver un point d’entrée, selon sa sensibilité et sa curiosité.
En accueillant une artiste de la stature de Patti Smith, Arles conforte sa réputation de ville d’art et de culture. La cité, déjà connue pour ses Rencontres de la photographie, s’affirme comme un rendez-vous incontournable de l’été dans le sud. Pour les habitants comme pour les visiteurs de passage, ce nouveau cycle offre une belle raison de pousser les portes de la Fondation et de se laisser porter par la puissance des œuvres présentées jusqu’à l’automne.

