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Une exposition rend hommage à André Malraux pour le cinquantenaire de sa mort

Par Marcel Grenay
Publié le 24 juin 2026 à 09h00 – Temps de lecture : 5 minutes

Un demi-siècle après sa disparition, André Malraux revient dans le lieu même qui a porté son œuvre. En cet été 2026, la Galerie Gallimard, au 30-32 rue de l’Université, dans le septième arrondissement de Paris, consacre à l’écrivain une exposition intitulée « André Malraux, écrivain, 1920-1976 ». Cette exposition Malraux, ouverte à tous et gratuite, se tient jusqu’au 18 juillet, du mardi au samedi, de treize heures à dix-neuf heures. Elle marque le cinquantième anniversaire de la mort de l’auteur de La Condition humaine, disparu en 1976.

Le choix du lieu n’a rien d’anodin. C’est en effet chez Gallimard que Malraux a publié l’essentiel de son œuvre, et c’est aussi dans cette maison qu’il a exercé, des décennies durant, un rôle d’éditeur et de conseiller. L’exposition réunit ainsi manuscrits, correspondances, éditions originales, dessins autographes et photographies d’archives. Plusieurs lettres inédites y figurent également. L’ensemble compose un portrait intime, où le geste d’écriture se lit au plus près, rature après rature.

Le parcours se déploie en six sections qui suivent la trajectoire de l’écrivain. La première revient sur ses débuts, quand le jeune homme entre à la Nouvelle Revue française et croise André Gide. La deuxième s’attache à ses premiers écrits, marqués par un goût du farfelu et de l’insolite. Vient ensuite la période asiatique, ces années où l’Orient nourrit une pensée neuve et des livres comme La Voie royale ou Les Conquérants. La quatrième section aborde l’engagement antifasciste des années trente et quarante, moment où l’art devient pour lui refus de toute soumission.

Les deux dernières salles prolongent cette traversée. L’une explore le Malraux critique et amateur d’art, celui qui rêvait d’une bibliothèque d’admiration et qui, dans Les Voix du silence, a pensé le musée imaginaire. L’autre rassemble les Antimémoires et les grands discours de la maturité. Au fil du parcours, les visiteurs recroisent les œuvres qui ont fait sa renommée, de La Condition humaine, couronnée par le prix Goncourt en 1933, à L’Espoir, né de la guerre d’Espagne, sans oublier Le Temps du mépris ou Les Noyers de l’Altenburg.

L’exposition Malraux ne montre pas seulement un romancier. Elle rappelle un homme de réseaux et d’amitiés, entouré de figures majeures du vingtième siècle. On y croise Max Jacob et Pascal Pia, le marchand Daniel-Henry Kahnweiler et le peintre Fernand Léger, mais aussi William Faulkner, Albert Camus ou Gaston Gallimard. Cette galerie de proches dit combien Malraux a traversé son époque en dialogue constant avec les artistes et les écrivains qui l’ont marquée.

La commémoration dépasse toutefois les murs de la rue de l’Université. L’exposition parisienne s’inscrit dans un programme national de grande ampleur, placé sous l’égide de la Commission nationale pour le Cinquantenaire. Créée pour coordonner l’hommage, cette instance réunit institutions culturelles et partenaires publics afin de donner une cohérence à l’ensemble des initiatives. Plus d’une centaine d’événements labellisés se tiennent ainsi partout, en France comme à l’étranger, ce qui traduit la portée internationale de l’écrivain.

Ce dispositif de commémoration nationale mérite qu’on s’y arrête. Il ne se contente pas d’aligner des dates, il structure une année entière de manifestations autour d’une même figure. Le label garantit au public que chaque rendez-vous participe d’un effort concerté, porté par l’État et ses partenaires. Dès lors, l’exposition Malraux de la Galerie Gallimard fonctionne comme l’un des points d’ancrage de cette célébration collective, à la fois vitrine et point de départ vers d’autres découvertes.

La présence du ministère de la Culture prend ici un relief particulier. Malraux fut en effet le premier titulaire du ministère des Affaires culturelles, fonction qu’il occupa auprès du général de Gaulle. On lui doit une politique ambitieuse en faveur du patrimoine et de la démocratisation de l’art, dont les maisons de la culture restent le symbole. Honorer sa mémoire, c’est donc aussi revenir aux origines d’une action publique qui a durablement façonné le paysage culturel français.

Pour prolonger la visite, la Galerie Gallimard propose une présentation vidéo signée du commissaire de l’exposition, Alban Cerisier. Éditeur et secrétaire général des Éditions Gallimard, il a réuni pièces et documents avec le concours de la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet. Son regard éclaire la cohérence d’une vie où l’écriture, l’art et l’engagement n’ont jamais cessé de se répondre. En cet été 2026, cette exposition offre au public l’occasion rare de retrouver, au plus près des mots, l’un des écrivains qui ont le plus marqué le siècle passé.